DE t’ALLEMAGNE.
ne m’étaient pas moins utiles ; et, à quelquedistance de là, dans un parfait silence, lesbelles filles du vieux prêtre apparaissaient avecleurs joues rougissantes et leurs doux yeuxcouleur do violette, dont le feu timide rani-mait mon cœur pour toute celte longue jour-née d’hiver.
En posant comme thèse que sa doctrinedevait être discutée ou réfutée au moyen de lallible ou par des notions tirées de la raison ,Lutlier accorda à l’intelligence humaine ledroit de s’expliquer les saintes Ecritures, et laraison fut appelée comme juge suprême danstoutes les discussions religieuses. De là résultaen Allemagne la liberté de l’esprit ou de lapensée , comme on voudra la nommer. Lapensée devint un droit, et les décisions de laraison devinrent légitimes. Sans doute, de-puis quelques siècles, on avait pensé et parléavec une assez grande liberté, et les scolasti-ques ont disputé sur des choses que nous nousétonnons de voir même mentionner dans lemoyen-âge. Mais cela provenait de la distinc-tion qu’on faisait des vérités théologiques etphilosophiques, distinction au moyen de la-quelle on se gardait expressément de l’hérésiej.