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5 (1835) De l'Allemagne, 1
Entstehung
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51
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DE ^ALLEMAGNE.

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nous font encore vivre à cette heure ! Il nousappartient bien peu de nous plaindre desétroites limites de ses vues. Le nain qui estmonté sur les épaules d’un géant, peut sansdoute voir plus loin que celui-ci, surtout quandil s’avise de prendre des lunettes ; mais decette haute position, il nous manque le senti-ment élevé, le cœur du géant que nous nepouvons pas nous approprier. II nous convientencore moins de laisser tomber une sentencerigoureuse sur ses fautes ; ses fautes nous ontété plus utiles que les vertus de milliers d’autres.La finesse d’Erasme et la mansuétude de Mé-lancton ne nous eussent jamais fait faire autantde progrès que la brutalité du frère Martin.Oui, ses erreurs elles-mêmes, que j’ai signa-lées , ont produit des fruits précieux, des fruitsque l’humanité tout entière savoure aujour-d’hui. Du jour de la diète où Luther nia l’au-torité du pape et déclara ouvertement qu’ilfallait réfuter ses doctrines par des motifs tirésde la raison ou par des passages des saintesEcritures, de ce jour commença en Allema-gne une ère nouvelle. La chaîne par laquellesaint Boniface attacha l’Eglise allemande ausiège pontifical de Rome, fut limée et rompue.