CARTULAIRE GÉNÉALOGIQUE
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PRINCIPAUX RÉCITS CONTEMPORAINS DE LA MORT DE JACQUES VAN ARTEVELDE
I. — Le Chroniqueur flamand (Gantois?), d'après une copie <?e Brugesdu XV e siècle :
Anno D ni XIIJ ende XLV, up dcn eerslen dach van Meyc, die men doe hiet den QuadenMacndach, doch (sic) vochten te Ghend up de Vrydachmaert de wevcrs jeghen de vuldersende jcgens de cleene neeringhe, ommedal de vulders vier groot meer hebbcn wilden dat dewevers geven wilden Item, een Geraerd Denijs, deken van den wevers, ghinc met zinenamboe.bte np de Vrijdacbmaerl te Gbend, ende Jacop van Arlveld volcbde de wevers. Dit
1 Jacques van Artevelde fut assassiné par Gérard Denis, doyen des tisserands, ameutés contrelui par ce dernier, le 14 juillet 1545, et non le 84 , comme le porte la plaque mise au balcon de samaison, reconstruite en 1837. Je l’ai prouvé dans mon Discours de rentrée à la Cour d’appel, le2 octobre 1005 : L'assassinat d’Artevelde et VInstruction de ce crime. La preuve résulte des extraitsci-dessous des Comptes de la Ville et de l’Obituaire de la Bilokc, ainsi que des contemporains :le Bourgeois de Valenciennes, le chroniqueur latin du Corpus, t. I (1857), p. 216; etc. Le prétenduassassin d’Artevelde, Thomas Denis, savetier ou sellier, au lieu du tellicr (tisserand) Gérard Denis,n’a jamais existé que dans l’imagination des nombreux chroniqueurs et historiens postérieurs àFrolssart, qui n’ont pas vu qu’il s’est trompé de prénom, comme pour plusieurs autres héros descommunes. Gérard Denis devait tout à Artevelde. Compromis dans la révolte des tisserands en 1526,il fut banni de la ville de Gand et de la Flandre et figure sur la liste de proscription de 1528; en1550, il essaya avec plusieurs autres bannis de rentrer en ville, mais cette tentative échoua et il nerevint à Gand qu’en 1558, en vertu de l’amnistie générale qu’Artevelde obtint du comte de Flandre.Successivement échevin de la Kcure en 1340 et doyen des tisserands en 1545, il fut désigné commeun des quatre électeurs de la ville pour l’échevinage le 15 août 1544. Dès lors, son influence égaleet dépasse même celle d’Artevelde, ce qui ressort des messages envoyés par les deux gouverneurs etde la démission volontaire ou forcée d’Artevelde après le combat du 2 mai 1545, où, d’après leschroniqueurs, il soutint son parti. Il lui succéda, après l’assassinat, qu’il avait dirigé et exécuté, maissuivit sa politique à l’égard du roi d’Angleterre, bien qu’il n’ait pas été à sa solde (La charte publiéepar Kervyn de Lettenuove dans les Bulletins de l’Académie, 2 e série, t. XXV11I, p. 16, s’applique àGérard de. Brune, un des capitaines de Gand, et non à Gérard Denis). Celui-ci fut remboursé par laVille en 1546 des sommes qu’il avait payées aux tisserands pour fomenter et entretenir la grève, et ilen fit gratter le poste dans les comptes. Il dirigea la Ville jusqu’au 13 février 1547 (v. s.), jouroù il fut remplacé, comme doyen, par Pierre van den Velde, et mourut avec celui ci et grandnombre de tisserands dans le combat du 12 janvier 1548 (v. s.) contre les troupes du comte deFlandre à sa rentrée à Gand. Il demeurait en 1342 dans la Walpoorle, dépendance des tisserands,livrait du drap à la Ville et en reçut des cadeaux à l’occasion du mariage de son fils et de sa nièce en1546; une de ses filles avait épousé Pierre van Doinse, plusieurs fois échevin, et une autre GuillaumePilard, d’Atli en Ilainaut, dont elle avait, en 1562, quatre enfants, Guillaume, Thomas, Catherine etLine Pilard, qui cédèrent en cette année leurs droits à Pierre van Doinse. La veuve de Gérard Denis