Ce récit du Rabbin de Bacharach, que Henri Heine ap-pelle une légende, est une des premières œuvres sorties desa main. Il appartient à la môme période que ses deux tra-gédies, Almansor et William Ratcliff. Un incendie, quiéclata dans la maison de sa mère, dévora le manuscrittout entier. Henri Heine avait conservé une copie des troispremiers chapitres; il les publia en 1840 dans le qua-trième volume d’un recueil de mélanges intitulé Salon.Pourquoi le poêle n’a-t-il pas essayé de retrouver dans samémoire les aventures du Rabbin? nul no le sait. Mais cefragment, tel qu’il est, avec ses figures nobles et ses fi-gures grotesques, avec sa poésie et ses bouffonneries, lui aparu contenir une image assez vive des Juifs du quinzièmesiècle, puisqu’il l’a recueilli dans ses œuvres. En voyant lasérénité, la tendresse, la poésie du patriotisme et de la foisi délicatement indiquées dans les personnages du Rabbinet de sa compagne, en voyant l’avilissement d’une race parla persécution et la misère décrite en traits poignants dansles figures grotesquement triviales de Stern, de Jacquot,de Schnapper-Ellé, on regrette que l’auteur n’ait pas re-trouvé ou refait cette peinture, et conduit à bon termel’histoire du grave Abraham et de la belle Sara.
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