294 OEUVRES DE HENRI HEINE
Si parfois des étincelles suspectes jaillissent dumilieu des roses, — ne crains rien 1 le monde denos jours ne croit pas aux flammes véritables, etil prendra tout cela pour de la poésie.
xxxvi
Les bruits dont le printemps remplit le jour, ilen remplit aussi mes nuits; ses échos et ses refletsse glissent jusque dans mes songes.
Seulement, comme en un pays de fées, les oiseauxalors chantent des mélodies plus gracieuses, lesairs sont plus suaves, le parfum des violettes monteplus ardent, plus voluptueux.
Les roses aussi brillent d’un éclat plus vif; ellesportent des gloires d’or, comme les petites têtesd’anges dans les tableaux d’église.
Moi-même il me semble alors que je suis unrossignol et que je chante mon amour à ces rosesentourées d’auréoles. Je chante en rêvant de mer-veilleuses mélodies.
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Et tout cela dure jusqu’au moment où je suisréveillé par les rayons de soleil ou par le tapagecharmant de ces autres rossignols qui bourdonnenten face de ma fenêtre.