N 0 U V E \ U 1’ « IN T E 31P S
281
X
« Au commencement était le rossignol, et ilchanta le verbe : Tsukut! tsukut! Et pendant qu’ilchantait, partout s’épanouissaient et le gazon, et laviolette, et la marguerite.
» Il se donna un coup do bec dans la poitrine,le sang rouge coula, et du sang sortit un beaurosier : c’est à ce rosier qu’il chante son amour.
» Nous autres, oiseaux de cette forêt, le sangqui jaillit de la blessure du chantre de la rosenous a tous rachetés et réconciliés; mais lorsqu’unjour le rossignol rédempteur cessera de chanterson amour à la rose, c’en sera fait de nous et de laforêt entière. »
Ainsi parle à son moinilleau le vieux moineauniché sur un chêne. La femelle du moineau jetteçà et là ses pieu pieu à travers le récit; elle est là,bien installée à la place d’honneur.
C’est une bonne femme, une parfaite ménagère ;elle couve bravement ses œufs et ne boude jamais.Le vieux, pour utiliser ses loisirs, distribue l’ins-truction religieuse aux enfants.
16.