78
ŒUVRES DE IIENR1 HEINE
que des chants de mort s’y mêlaient sourdement,c’était pour nos oreilles une voluptueuse harmonie.
Mais dernièrement une visite sanglante nous a étérendue par le comte Aquilar et ses chevaliers. Ilnous avait préparé la musique pour une danse su-prême, et au bruit éclatant des trompettes, ausourd retentissement des timbales et des canons, aubranle-bas des lances castillanes, au sifflement clairet joyeux des balles, plus d’un Maure s’envola brus-quement dans les deux; un petit nombre seulementparmi nous put se sauver de la salle de danse.
Mais toi, parle, Almansor, quelle fut la desti-née des tiens? Je me suis réfugié ici dernièrementavec mes frères d’armes, et je n’ai trouvé qu’unedemeure déserte ; ces murailles dépouillées me re-gardaient d’un air mélancolique, et des pressenti-ments lugubres m’assaillaient de toutes parts en celugubre château.
ALMANSOR.
Ne me demande pas ce lamentable récit. Laissedormir les chers trépassés et les douleurs d’Alman-sor. Tu vis alors comme sur son noir cheval le bonAly nous apporta le malheur. Un malheur ne vientjamais seul. Chaque jour nous recevions des rnessa-