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PROVINCE DE NAMUR.
(1,472 hab.), qui en est la capitale, est assise sur un pla-teau fertile. Elle est bien bâtie et le centre d’un commerceassez étendu. Sa sujétion à l’évêché de Liège lui attira degrands malheurs, et pendant le moyen âge elle fut fréquem-ment assiégée et prise par les troupes des comtes de Namuret de Luxembourg, dont les possessions cernaient le Con-droz. Elle eut surtout à souffrir de la sanglante guerre de laVache, née en 1275 du vol d’une pièce de bétail. Henri deLuxembourg et les seigneurs de Beaufort la prirent d’as-saut le 18 avril 1276, et les habitants, qui s’étaient réfugiésdans l’église, y périrent au milieu des flammes. Jean I er ,comte de Namur, l’attaqua inopinément pendant la nuitdu 15 mars 1522, mais il fut vigoureusement repoussé.Ciney fut prise et pillée par les troupes des ducs de Bour-gogne, en 1408 et en 1466. Les Français s’en emparèrenten 1554 et s’en rendirent encore maîtres à plusieursreprises, pendant le xvn e et le xvm e siècle; ils la déman-telèrent en 1702. En 1708, les bourgeois de Ciney, ha-bitués aux combats, allèrent assiéger le comte LouisFrançois de la Tramerie, comte d’Hertin, dans son châteaude Mouffrin; mais ce seigneur, aidé de ses vassaux, les obligeaà se retirer. Le principal, ou pour mieux dire l’unique mo-nument de Ciney, est son église paroissiale, dédiée à saintNicolas, reconstruite en 1618 et ornée d’une massive tourgothique. On y voit deux statues de Delvaux, en pierre ,la Vierge et saint Joseph.
Aux alentours de Ciney, on remarque un grand nombrede châteaux, entre autres le beau manoir de Sponlin, en-touré de doubles fossés, orné de tours et situé près duBouc, dans lequel on pêche des truites et des ombresexcellentes ; les Huitois furent obligés d’en lever le siège