BOUVIGNES.
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roi Henri II saccagea cette ville en 1554, et en fit massa-crer les habitants. Leurs maris ayant péri dans une sortie,ces femmes courageuses, préférant la mort au déshonneur,se précipitèrent du haut des murailles. Un anniversairequi se célèbre dans l’église de Bouvignes atteste la réalitéde ce fait héroïque.
La petite ville de Bouvignes (874 hab.), célèbre par sesdémêlés avec Dinant, appartenait aux comtes de Namur,en vertu d’une donation impériale de l’an 940. Elle fut en-tourée de murs vers l’an 1176. Des guerres continuellesl’empêchèrent de prendre de grands développements. Ce-pendant elle faisait autrefois un assez grand commerce entoiles, cuirs, pelleteries et ouvrages en cuivre, ce qui exci-tait entre elle et Dinant une jalousie qui ne s’éteignit quepar la ruine de cette dernière cité : mais Bouvignes, à sontour, essuya des calamités pareilles. Attaquée à l’improvistepar le roi de France Henri II, elle fut prise d’assaut ledimanche 8 juillet 1554, pillée et saccagée; tous ceuxqu’on y trouva les armes à la main furent impitoyablementégorgés. Elle est située sur le penchant d’une colline quidescend vers la Meuse, et l’on voit encore des parties de sesmurailles. On y remarque la grotte dite le Trou-Clabeau,qui présente à son entrée un demi-cercle aussi parfait ques’il avait été tracé au compas.
Il n’y a qu’un pas de cette localité au faubourg de Saint-Médard, séparé de Dinant par la Meuse, sur laquelle estjeté un beau pont de six arches, datant de 1717. En sor-tant des gorges que sillonne la route de Philippeville àDinant, on est frappé de l’aspect que présente la dernièrede ces villes. Bien de pittoresque comme ses maisons mas-sées le long du fleuve, la flèche de l’église qui les domine ,