354
PROVINCE DE NAMUR.
Christ. Pendant les siècles qui suivirent, l’histoire se taitsur Namur ; seulement, du temps des rois francs de la racede Mérovée, on la voit citée sous le nom de Nomurcum, etaprès les invasions des Normands, elle devient la résidencede comtes héréditaires et indépendants.
Le premier comte de Namur dont l’histoire fasse men-tion est Bérenger, qui vivait dans la première moitié dux e siècle et dont la postérité masculine régna sans inter-ruption pendant trois siècles. Le comte Henri l’Aveugle,qui avait joint à l’héritage de son père le comté de Luxem-bourg , se voyant sans enfants, désigna en 11 Go pour sonsuccesseur le comte de Hainaut Baudouin Y ; plus tard il seremaria, et une fille lui étant née, il voulut revenir sur sadonation ; de là naquit une guerre dans laquelle Baudouinfut vainqueur, à Neuville-sur-Méhaigne, du comte deNamur et de la coalition formidable qui le soutenait (1194).Ses droits furent confirmés ; toutefois le LuxembourgN échappa à sa domination et fut laissé à Ermesinde, fille
j de Henri (1199). Après lui, Namur appartint successive-
ment à son second fils Philippe et à sa fille Yolende,qui épousa Pierre de Courtenai, comte d’Auxerre. L’undes enfants de Pierre et d’Yolende, Baudouin, empe-reur de Constantinople, ayant été chassé de cette ville parles Grecs, vendit en 1263, au comte Guy de Flandre, sesdroits sur le comté de Namur, dont il n’était déjà plussouverain, car sa femme, Marie de Brienne, avait indisposécontre elle tous les esprits, et les Namurois soulevés avaientreconnu pour seigneur Henri de Luxembourg, descendantde Henri l’Aveugle par les femmes. Le comte de Flandres’assura la possession du Namurois en épousant Isabelle deLuxembourg, et le transmit à son fils Jean I er . Jean III, le