352
PROVINCE DE NAMUR.
longtemps françaises de Philippeville et de Marienbourg.
Jadis le morcellement de ce pays, peu fertile de sa na-ture , était un grand obstacle au développement de sa pros-périté. Des guerres continuelles, nées de contestations sanscesse renaissantes, y détruisaient périodiquement ce que lapaix avait enfanté ; et chacune de ces luttes, auxquelles lanature du sol communiquait quelque chose de son âpreté,aigrissait le caractère de ses habitants. Les guerres entrel’Espagne et la France attirèrent plus tard de grandes ca-lamités sur ces contrées, et chaque campagne y fut signaléepar la ruine de quelques-uns de ces manoirs, construitspour la guerre au moyen âge et détruits par elle dans lestemps modernes. Aujourd’hui cet état de choses a complè-tement changé. Dans toute la province, l’agriculture a fait degrands progrès par l’augmentation du nombre des voies decommunication et par l’établissement de fours à chaux.Dans l’arrondissement de Namur, les terres sont en généralgrasses, argileuses et très-productives ; dans ceux de Phi-lippeville et de Dinant, le sol recouvre de grandes massesde calcaire ou de roches de schiste argileux ; la culture dufroment y est presque inconnue; on la remplace par cellede l’épeautre, et on cultive aussi le seigle, l’orge, l’avoine.Les bois occupent environ 127,000 hectares, c’est-à-direprès du tiers du territoire; le chêne, le hêtre, le frêne, lecharme, le bouleau, sont les principales essences que l’ony rencontre. Cette province produit d’excellents chevauxde trait et des moutons très-estimés ; le bétail y est d’unebelle qualité. En outre, les productions inorganiques s’yprésentent en abondance, surtout la houille qu’on ex-ploite principalement aux environs de la capitale, et leminerai de fer, très-répandu dans l’Entre Sambre et Meuse.