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VALLÉE DE LA MÉHAIGNE.on voit les ruines de Beaufort. Il ne reste que quelques pansde murs de ce manoir contre lequel sont venues se briser desarmées. Il était bâti sur une hauteur escarpée, sa situationle mettait à l’abri de toute insulte, et il était aisé de le ravi-tailler au moyen d’un souterrain qui aboutissait à la ri-vière ; ses seigneurs, dont les parents possédaient aussi lesterres de Falais, de Gosnes, de Spontin et de Celles, quandéclata entre eux et les habitants du pays de Liège la terri-ble guerre dite de la Vache, se défendirent vaillammentcontre les habitants de Huy, en 1275; mais pour s’assurerun appui, ils se reconnurent vassaux de Guy de Dampierre,comte de Flandre et de Namur. Les Huitois brûlèrentBeaufort en 1429 et les Français le ruinèrent en 1554*Celte terre a passé depuis en bien des mains ; M. le duc deBeaufort en a fait tout récemment l’acquisition.
Les rives de la Méhaigne et du Hoyoux, qui se jettentdans la Meuse à Huy, sont riches en beaux sites et en sou-venirs historiques. Le dernier, qui déborde fréquemment,vient des confins de l’Ardenne et passe au château de Mo-dave, qui d’un côté se montre sur un roc taillé à pic domi-nant la rivière et présente un aspect imposant et sauvage, etdont l’autre façade a vue sur un terrain plat, traversé parde belles avenues; on remarque dans la vallée une machinehydraulique qui, munie d’une seule pompe aspirante etfoulante, élève à cent mètres de hauteur inclinée, simul-tanément et par le même mouvement de piston, deuxespèces d’eau différente. On sait que l’un des seigneurs deModave, Arnold, baron de Ville, se fit passer pour inventeurde la machine hydraulique de Marly, dont l’essai avait étéfait à Modave , en 1682, par Renkin Sualème, ouvrier néà Jemeppe en 1644 et mort en 1708.