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PROVINCE DE LIÈGE.
des rampes très-douces qui présentent les promenades lesplus pittoresques qu’il soit possible d’imaginer ; taillées enzigzags dans le roc, elles conduisent insensiblement lespromeneurs sur le plateau cultivé , d’où ils découvrent lesnombreuses montagnes, les forêts épaisses, les bruyèresstériles, qui s’étendent à perte de vue dans les différentesdirections. La hauteur de Spaloumont, qui défend la villecontre le vent du nord, est célèbre par le souvenir d’An-nette et de Lubin, personnages d’un conte de Marmontel.Il y a encore la promenade de Sept Heures, ainsi appeléede ce qu’avant l’établissement de la salle de la Redoute,la société se réunissait à quatre et à sept heures dansdeux prairies différentes, où l’on donnait des fêtes et desbals; en 1757, la dernière de ces prairies fut convertie enesplanade.
Au delà de Spa commencent les Fagnes ou Fanges,appelées en flamand Veen, immense territoire marécageux,qui comprend une partie de la province de Liège et quis’étend de l’ouest à l’est d’Aywaille à Lomersdorf, en Prusse,sur une longueur de dix lieues et une largeur variant d’unelieue à quatre; la nature y semble frappée de mort, eton ne peut y essayer aucune espèce de culture, à cause dela trop grande humidité du sol. L’élévation de cette con-trée y cause des froids très-vifs et y occasionne en hiverune grande accumulation de neiges.
Dans un lieu écarté de l’Ardenne, appelé Stabulum,parce que, selon la tradition, il était fréquenté par les bêtessauvages, saint Rémacle, évêque de Tongres, fonda en 650une abbaye à laquelle le roi Sigebert donna, quatre ansplus tard, tous les biens qu’il possédait aux alentours dansun circuit de douze lieues. Les abbés, qui étaient élus par