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part , le peuple était sans cesse excité à la révolte par desémissaires du roi de France Louis XI, qui se servait de luicomme d’un moyen pour susciter des embarras à la maisonde Bourgogne. Depuis plusieurs années, la plus grandeanarchie régnait dans l’état, quand une déclaration deguerre fut envoyée par les Liégeois au duc Philippe (1465).Le combat de Alontenaeken et le sac de Dinant, en 1466.amenèrent une première trêve, bientôt rompue. Le ducCharles , qui venait de succéder à son père, gagna sur sesturbulents voisins la bataille de Brusthem , dans laquellepérit l’élite de la bourgeoisie liégeoise (28 octobre 1467) ,et qui fut suivie d’une paix onéreuse. Un nouveau soulè-vement ne tarda pas à éclater, et ses conséquences furentencore plus terribles. Le duc de Bourgogne et le roiLouis XI, qu’il avait arrêté à Péronne et forcé de lesuivre, arrivèrent devant la cité avec une armée nombreuse.C’est alors qu’eut lieu ce trait d’héroïsme de six cents Fran-chiinontois qui, pendant la nuit du 29 au 30 octobre 1468.assaillirent avec furie le quartier des deux princes, et ytrouvèrent tous une mort glorieuse dans une lutte inégale.Liège avait été récemment démantelée, ses habitants s’en-fuirent pour la plupart, et les assiégeants y entrèrent le 30sans trouver de résistance. Presque toutes les maisons de-vinrent la proie des flammes, et quarante mille habitantsfurent passés au fil de l’épée ou noyés dans le fleuve. Avantle siège ils étaient, dit-on, au nombre de cent vingtmille. Ces scènes sanglantes attirèrent sur leurs auteurs lesfoudres de l’Église. La mort de Charles le Téméraire rendità Liège une partie de ses anciens privilèges; mais les in-cursions de Guillaume de La Marck. surnommé le Sanglier(les Ardennes, livrèrent de nouveau levêché à l’anarchie.