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ÉVÊCHÉ DK LIÈGE,rives de la Meuse et les contrées voisines, vers l’est, est hé-rissée de hauteurs rocheuses et sillonnée de gorges et deravins. Dans la première de ces parties, l’agriculture est enprogrès et on y voit disparaître peu à peu les jachères ets’augmenter le nombre des prairies artificielles, ainsi quela culture du froment ; dans la seconde région, dont l’é-peautre est la principale culture, les habitants dirigenttoute leur industrie vers l’établissement de pâturages, decloseries, vers l’élève du bétail et la fabrication des froma-ges. Des forêts couvrent le cinquième du territoire de laprovince; ses mines, dont nous parlerons plus loin, sontsa plus grande richesse. On n’y cultive que peu ou pointle lin, le chanvre, le tabac, la garance, l’orge et le sar-rasin. Au sud-ouest, un canton qui confine à la fois à laPrusse et au Luxembourg, et qu’on appelle les Fangesou Fagnes ( Veen) , n’est qu’une immense et stérilebruyère, périlleuse à traverser en hiver, sauvage et déserteen été.
Le morcellement politique qui existait autrefois dans leLimbourg se retrouvait aussi dans ce qui forme aujourd’huila province de Liège, et cela depuis la plus haute antiquité.Ainsi quand les Romains arrivèrent en Belgique, on ytrouvait plusieurs peuplades : les Condrusiens et les Sé-gniens, sur le bord de la Meuse et vers l’Ourte : et plus aunord, les Ëburons. Sous le gouvernement des rois francs,jusqu’à Charlemagne, il y eut unité; mais plus tard ladonation à leglise de Saint-Lambert de domaines éparsdans lesquels la souveraineté était abandonnée à l’évêque,et les empiétements des comtes et des seigneurs puissantssur le pouvoir suprême, créèrent dans le pays des divisionsbizarres. Peu à peu l’évêché comprit : Liège et ses envi-