250
PROVINCE DE HAINAUT.
son cheval avait passé; » à coup sûr, ce n’était pas desvilles qu’il laissait pour souvenirs aux pays que dévastaientses armées. Quelques-uns substituent à Attila son vainqueurAëtius, mais leur opinion n’a d’autres fondements qu’unevague ressemblance de mots. En 1148, Gilles de Trasignies,au moment de partir pour la croisade, vendit Ath, partiedu patrimoine de ses ancêtres, à Baudouin IV, comte deHainaut, qui y fit bâtir un château, construire des remparts,paver les rues, réparer l’antique tour de Burbant qui,après avoir traversé tant de siècles, a été démolie depuispeu. Ath obtint de son nouveau seigneur un marché franctenu le jeudi de chaque semaine, et, favorisée par ses nou-veaux maîtres, grandit rapidement en importance, en po-pulation, en étendue. Prise par les Français en 1667, ellefut fortifiée sous la direction de Vauban, qui y élevatrois nouvelles portes chargées d’inscriptions en l’honneurde Louis XIY. Elle fut bombardée et prise une seconde foispar les Français en 1697, conquise par les alliées en 1706et assiégée de nouveau en 1745 par les troupes de France,qui la démantelèrent l’année suivante. Le roi des Pays-Basen a fait rétablir les fortifications d’après un nouveau plan.
Ath (8,730 hab.) est aujourd’hui une place de guerrede premier ordre, qui renferme des casernes à l’épreuvede la bombe et un spacieux arsenal. On y remarque :l’hôtel de ville, bâti vers 1600, et l’église Saint-Julien, quifut brûlée par la foudre il y a vingt-cinq ans environ, etdont la construction est moderne, sauf le chevet du chœur,le portail et la tour. Celle-ci, haute, carrée, placéeen tête dela nef, était autrefois surmontée d’une flèche de 150 piedsd’élévation. On voit encore à Ath un collège renommé, dontl’existence remonte au commencement du xv e siècle, plu-