TOURNAI.
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slruits par ordre de Louis XIV, forment un coup d’œil im-posant. Quand on entre dans Tournai par le cheminde fer, ils se prolongent devant vous le long de l’Escaut,ornés de belles maisons, animés par la présence de nom-breux bateaux et dominés par la hauteur qui s’élève àl’ouest et sur laquelle on aperçoit la masse imposante de lacathédrale.
De toutes les églises de la Belgique, il n’en est pas deplus remarquable, sous le triple rapport de l’antiquité, del’ornementation et des souvenirs, que la vieille Notre-Damede Tournai, dont l’origine remonte au temps des Romains,à l’époque de la prédication de saint Piat. Les traditionsdisent qu’elle existait déjà quand saint Éleuthère vint prêcherla foi chrétienne dans la résidence de Clovis, et, s’il faut yajouter foi, le terrain où elle s’élève est un don d’Hirenée,aïeul de ce saint apôtre de l’Evangile, et disciple de saint Piat.
Cet édifice rappelle en partie le style roman, en partiele style ogival. Le chœur, construit longtemps après lanef et la travée, a été commencé en 1110 et sa voûteen 1242. Par sa grandeur et son élévation, qui n’a pasmoins de 100 pieds, par sa hardiesse et son élégance,par la légèreté effrayante de ses colonnes, ce chœur peutêtre mis en parallèle avec ce que la Belgique possède demieux ; on est occupé actuellement à restaurer cette par-tie de l’édifice , qui a grand besoin de réparations, et onse propose de rouvrir la colonnade du chœur, qui a étémaçonnée dans le siècle dernier. Il est à regretter que sesbelles verrières aient été trop mutilées pour qu’il soitpossible de les rétablir. La partie primitive de la cathédrale,c’est-à-dire la nef et la travée, qui paraissent avoir été bâtiesau xi e siècle, offrent des beautés d’un autre ordre. C’est le