YPRES.
225
indigènes, anglaises, écossaises et espagnoles ; d’autres,de lieux de réunion aux gouverneurs, proviseurs et jurés dela draperie. En 1515 on plaça dans des niches, sur les côtés del’entrée principale de l’édifice, les statues des princes quiavaient gouverné la Flandre depuis un siècle et demi ; cettedynastie de souverains, qui commençait à Marguerite deMâle et à Philippe le Hardi, pour se terminer à Philippe leBel et à Jeanne d’Aragon, fut détruite le 13 décembre 1792,le lendemain de l’entrée des troupes de la république fran-çaise dans Ypres. Aujourd’hui que l’industrie et le com-merce de celte ville ont disparu, les différentes parties dela halle servent à une foule d’usages. Les pièces du rez-de-chaussée, qui étaient jadis supportées par des arcades ouver-tes, contiennent l’académie de dessin, la petite boucherie, labalance publique, l’entrepôt, le corps de garde, l’alelier dela ville, l’école dominicale dite la Looye, etc. Au premierétage, où se tiennent les deux foires annuelles, se trouventun immense magasin et quelques pièces voûtées pour lesarchives ; au-dessus du rez-de-chaussée de la conciergerie,il y a une salle pour les concerts et les redoutes et une autrepour la réunion du conseil communal ; les séances ducollège des bourgmestre et échevins se tiennent au-dessus dupéristyle, galerie bâtie en 1620 et adossée à la vieille halle.
L’église dédiée à saint Martin était d’abord annexée à unmonastère de chanoines réguliers, fondé au xi e siècle ettransformé en 1559 en un chapitre, lors de l’établissementde l’évêché d’Ypres qui a été supprimé par le concordaten 1801. Les archéologues les plus instruits de la Belgiqueregardent cette église comme une des plus belles du pays.Commencée en 1221 et consacrée en 1270, elle est construiteen entier dans le plus pur style gothique primaire, à l’ex-