BRUGES.
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L’hôtel de ville de Bruges est le plus ancien édifice de cegenre qui subsiste encore en Belgique. Anciennement lescommunes élevaient à l’envi des halles pour le commerce,mais les magistrats se contentaient d’ordinaire d’une maisonlouée pour leur usage. Au xiv e siècle, les villes se montrè-rent jalouses d’avoir des maisons échevinales construitesavec luxe. Celle dont nous nous occupons a peu d’étendue,mais elle est construite avec la plus grande élégance. Elleest surmontée de six tourelles et sa façade est percée de sixfenêtres qui occupent toute la hauteur du bâtiment. Entreces fenêtres sont des niches occupées autrefois par les sta-tues des comtes de Flandre, que*les Français abattirenten 1792. Louis de âlâle posa la première pierre de ce gra-cieux bâtiment en 1577. La bibliothèque publique, qui secompose de 8,000 volumes environ, imprimés et manuscr its,et les archives communales, riches en documents du moyenâge, y sont placées. Le plus curieux objet d’art qu’il ren-ferme est le plafond de la bibliothèque, voûte en bois àarcs pendants en ogive, et à culs-de-lampe sculptés, en 1598,par un Van Oost.
La chapelle du Saint-Sang ou de Saint-Basile, que lecomte Thierry d’Alsace fit bâtir et où il déposa quelquesparcelles du sang de Jésus-Christ, rapportées par lui de laPalestine et conservées encore de nos jours, servait autre-fois de chapelle aux comtes. La parti einférieure, surmontéed’une gracieuse tourelle dans le goût moresque, date duxrt esiècle ; la façade et la chapelle à l’étage ont été reconstruitesen 1555 et réparées avec le plus grand soin de 1829 à 1859,grâce au zèle de Nicolas de Roovere, dernier moine de l’ab-baye des Dunes. Dans la chapelle supérieure, on voit plu-sieurs tableaux, au nombre desquels il s’en trouve deux