144 PROVINCE DE LA FLANDRE ORIENTALE,
matière première indispensable à leurs fabriques de draps.Artevelde, élevé au rang de ruwart, gouverna quelques an-nées avec sagesse et avec gloire, mais sans pouvoir calmerles dissensions qui déchiraient les villes de la Flandre. Telleétait l’exaltation des masses qu’à Gand même, les tisserandset les foulons se livrèrent un combat sanglant sur le marchédu Vendredi, et que cinq cents d’entre eux restèrentsur le champ de bataille. Il était, comme nous l’avons vu,devenu suspect, quand au retour d’un voyage à Bruges etàYp i’es il fut attaqué dans sa maison, située rue de laCalandre, et tué d’un coup de hache, le 17 juillet 1545.
La prodigalité du comte Louis de Mâle avait déjà faitmurmurer son peuple, et surtout les Gantois, quand ilfournit à ces derniers un nouveau sujet de mécontente-ment, en autorisant les Brugeois à creuser un canal qui,partant de leur ville, devait rejoindre la Lys à Deynze.C’était leur enlever tout le commerce de la Flandre méri-dionale; aussi ne laissèrent-ils pas leurs rivaux terminerleur entreprise. Après avoir attaqué et chassé les travail-leurs, les chaperons blancs, association formée par les plusfougueux adversaires du prince, vainquirent les bateliers etles bouchers, qui lui étaient au contraire dévoués (5 oc-tobre 1579), et mirent le feu à son magnifique châteaude Wondelgem, son séjour ordinaire. Jean Yoens, leurchef, sut entraîner dans la rébellion les autres villes de laFlandre, mais une mort inopinée arrêta ses succès.
Ce ne fut pendant plusieurs années qu’un long enchaî-nement de sièges, de combats, de pillages et de trêves.Cependant les Gantois , après avoir essuyé quelques échecs,étaient tombés dans le découragement, quand leurs capi-taines offrirent le commandement suprême au fils du ru-