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PROVINCE DE BRABANT.
s’écroulent successivement, l’ont couvert de leurs débris.La façade en pignon qu’on voit vers la gauche, à quelquedistance de Ieglise, est celle d’un bâtiment qui, selon latradition, a servi de chapelle aux premiers religieux, etqui depuis fut converti en brasserie. Cette constructionmassive est à l’intérieur divisée en deux nefs par une rangéede grosses colonnes cylindriques, supportant une voûte enplein cintre. Vers la droite on trouve un beau cloître, leréfectoire d’hiver, le grand réfectoire, curieuses produc-tions de l’art gothique. Du splendide quartier abbatial,élevé dans la première moitié du siècle dernier , il ne resteplus qu’une longue suite de bâtiments dépouillés de toiture,de fenêtres, de charpente , et sauvés de la destruction ,parce qu’on n’aurait eu aucun profit à abattre leurs im-menses murailles.
Nous ne saurions assez engager ceux qui voyagent pours’instruire, ou ceux qui aiment les vestiges de notre passé,à visiter les ruines de Villers. Il y a quelque chose de sai-sissant dans ces chaînons d’arceaux gothiques, dont il sedétache tous les ans quelques pierres, et qu’on laisse aban-donnés aux vents, à la pluie, aux intempéries des saisons.Quel contraste avec l’ancienne splendeur du monastère,dont les domaines s’étendaient au loin de tous côtés! Unedésolation complète a succédé à une prospérité de sixsiècles.
Non loin de là est Genappe, petite ville sur la route deNamur à Charleroi. Il y avait là jadis un château ou pri-son d’état. Les Juifs, menacés par les populations, s’yréfugièrent en 1508. Le dauphin de France, depuisLouis XI, y reçut en 1450 une hospitalité qu’il paya bienmal par la suite; son séjour à Genappe donna naissance aux