•ta
PROVINCE DE BRABANT.
de tableaux et de la bibliothèque de manuscrits dite deBourgogne.
Cette dernière, dont le nom indique suffisamment la pro-venance et qui a été considérablement augmentée lors dela suppression des monastères , et depuis quelques annéespar l’acquisition de plusieurs belles collections, possède desrichesses inestimables. Philippe le Bon, dont la cour splen-dide éclipsait celle des autres souverains de son temps, etqui encourageait les lettres et les arts avec sollicitude,commença la formation dans son palais d’une librairie con-sidérable, continuellement augmentée par les travaux descopistes et enlumineurs qu’il avait à ses gages. Son fils,Charles le Téméraire, suivit son exemple, et Marguerited’Autriche, fille de l’empereur Maximilien et de Marie deBourgogne, répara les dommages causés à la bibliothèquepar la mauvaise administration de son père, toujours ac-cablé de dettes. Un inventaire, rédigé en 1577, mentionnecomme appartenant à ce dépôt 1641 volumes, parmi les-quels on comptait 958 manuscrits. Les révolutions et lanégligence avaient réduit ces derniers au nombre de 527;le maréchal de Saxe, après avoir pris Bruxelles en 1746,en fit emporter un grand nombre qui ne furent restituésque plus tard, en 1770; après la seconde invasion fran-çaise, une nouvelle spoliation priva la bibliothèque, qu’onavait ouverte au public en 1772, des plus beaux manus-crits; la plupart revinrent de Paris en 1815, avec uneriche reliure en maroquin rouge, au chiffre de Napoléon.Les richesses précieuses amassées par nos anciens souve-rains ont longtemps été négligées ; le gouvernement hollan-dais ne s’eu était jamais soucié; une des premières suitesde la révolution de 1850 a été la réorganisation de la Biblio-