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État présent de la noblesse française
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1009-1010
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SIR

SIR

1010

« 20 ans sans reproche, et s'est retiré à Cha-« Ion, regrettant sa terre suzerenne au comté« de Bourgogne. » — Il se termine ainsi :Oraison a la très glorieuse et très joyeusenature nre saulueur Jh ucrit.

« Je loue mon Dieu qui ma preserue par samiséricorde jusques a présent, a la confusionde tous mes ennemis, nonobstant les cinqgrandes playes que jay heu de coups d'epe atrauers le corps, en la teste ou jay este trépanéd'un coup de mosquet en l'une des jambes*cinq chevaux tuez soubz moi, cinq fois prison-nier, le tout seruant le Roy en la guerre con-tre la ligue et de tous les efforts de mes mau-vais voisins. Dieu mayant laissé de quoy vivrehonorablement juxques a ores. » Siraudin.

Il suffit de voir ce beau manuscrit pour de-viner le rang des époux, l'état de leur famille.Les passages transcrits démontrent à l'évidenceque Jehan est né à Mâcon, où le mariage est cé-lébré en présence de Valentin, son frère; que lafamille habite cette ville; qu'elle est ancienne,qu'elle est noble; qu'elle est fière « de l'hon-neur et de la réputation de ses prédécesseurs.«

Et ce ne sont pas des certificats de noblessedélivrés à huis clos, l'accent de la vérité se faitpartout sentir : la sincérité du manuscrit estattestée par des preuves irrécusables.

En effet, une note apprend que Jehan mou-rut le i3 novembre 1642, et fut inhumé avec safemme, en l'église Saint-Vincent de Châlons, àdroite, près de l'entrée, où Nicolas leur fit éle-ver un tombeau. Le tombeau existe encore àla place indiquée.

On lit sur la pierre :

CY DESSOVBS GIST NOBLE JEAN DE SIRAV-DIN VIVANT SEIGNEVR DE S T LIGIER ENMASCONNOIS CAPP. ET CHATELAIN DE CUISERI.

ET DAMOISELLE LUCRESSE DE SAG1E SAFEMME ET LEVR A ESTE FAIT FAIRE LEPNT. TVMBEAV PAR NOBLE NICOL. DE SI-RAVDIN CONER DV ROY SVBST1TUT DE MOS.LE PROCVREVR GENERAL EN LA CHAMBREDES COMPTES A DIJON CAPP. ET CHATELAINDE CUISERI LEUR FILS.

PRIEZ DIEV POV EVX.

L'inscription et le tombeau sont la confirma-tion complète des faits rapportés par le Missel.La noblesse de la famille, la possession d'Étatsont publiques. Nicolas mourut en 16C7 sanspostérité. Il fut inhumé dans l'église de Cui-sery, laissant pour héritiers du nom les fils deValentin, son oncle.

Des actes authentiques confirment encore cestémoignages. Ainsi, le 27 décembre i5g7,Tornus, garde du scel royal au bailliage duMasconnois, constate un partage entre nobleJacques de Meaux, seigneur de Châtillon, et

nobles Jean [Syraudin, seigneur de Chevagnyen Charollois, et Jean Grattier, seigneur deSaint-Léger.

On ne retrouve aucun papier concernantChevagny. La possession de ce fief n'est pasmoins affirmée que la possession de la noblesse.Le même notaire a reçu, le 29 décembre 1600,une transaction entre noble Jean Siraudin etBanderon.

Le i er juin i635, par acte de Tronson etDauvergne, notaires garde-notes du roi en sonChâtelet de Paris, noble Jean de Siraudin, sei-gneur, pour la plus grande part, des terres etseigneuries de Saint-Ligier, transige sur sesdroits, avec Claude de Meaux, seigneur deBarbé, son beau-frère. Son nom, ses qualitéssont répétées maintes fois dans l'acte et dansles actes annexés.

Il fallait démontrer l'origine et la noblessede la branche de Saint-Leger; mais quand il estcertain que Jehan, frère de Valentin, étaitnoble en 15g5 ; qu'il a, par son fils et par lui,joui delà noblesse jusqu'en 1C67, la noblessede la famille entière est, par cela même, dé-montrée. C'est le même sang, la même ori-gine, sur le même sol. Le rameau desséchérend au tronc ce qu'il a reçu, mais il n'est pasplus grand que l'arbre où il est né. Selon lestemps, le nom s'écrit : Sirauldin, Syraudin,de Siraudin, Siraudin. C'est toujours le mêmenom, la même famille, le même pays. Les actesretrouvés attestent la noblesse de Jean Syrau-din, seigneur de Chevagny en Charollois, deJean Siraudin, de Mâcon, comme celle deJehan de Siraudin, seigneur de Saint-Ligier.

Valentin Siraudin , chef de la ligne existante,ne cède en rien à son frère : il a ses armoiries.En i6o3, il est échevin de Mâcon. De i6o3 à1757, soit par lui, soit par Valentin, son fils,par Pierre, par Claude ou par Jean-BaptisteValentin, la famille reçut vingt fois cet hon-neur en compagnie d'Abraham Bernard (de laVernelte), Pierre de Meaux (de Barbe-Marbois),Jean Desvignes (de Davaye), François Pellete-rat (de Borde), Jean-Baptiste de Lamartine etautres noms d'une noblesse connue.

Au lieu de prendre un nom de terre ou deconserver les anciennes formes du nom, l'usagea prévalu d'écrire Siraudin. Le nom peut indi-quer la noblesse, mais il ne la fait pas.

Valentin, conseiller du roi, contrôleur desguerres, né à Mâcon en 1668, meurt le 2 5 sep-tembre 1748. L'acte de décès affirme sa qualitéet lui donne le titre d'écuyer qu'il portait deson vivant ; appellation modeste, titre de ceuxqui n'en ont pas et qu'on n'usurpe guère enFrance, mais qui emporte la noblesse. En principe, tout noble est écuyer, c'est-à-dire, toutécuyer est noble.