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État présent de la noblesse française
Entstehung
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AVERTISSEMENT

N otre intention n'est pas de faire ici l'apologie de la Noblesse : tous les ou-vrages qui ont parlé d'elle, en ont fait ressortir et l'importance, et le mé-rite et les vertus. Seuls, les envieux et les impuissants ont toujours qualifiéde vaniteuses toutes prétentions à des titres.

Quoi qu'il en soit, le sentiment nobiliaire est un sentiment national en France;quiconque n'est pas noble, voudrait le devenir, et, toutes les révolutions qui ontéclaté parmi nous, n'ont pu détruire ce sentiment éternellement vivace. Sansdoute, l'homme est l'égal de l'homme, mais les hommes ne sont égaux entreeux, ni au point de vue moral, ni au point de vue physique. De une nobleémulation basée sur les principes mêmes de cette inégalité; de l'existence per-pétuelle de hiérarchies sociales qui, entre autres prérogatives, ont amené desrangs, des titres, qualifiés de nobiliaires, et qui existeront toujours, sinon pardes lois, du moins dans les mœurs. Et qui peut en douter, alors que l'onconnaît la multitude de livres et de brochures que la loi du 28 mai 1858, et ledécret de réorganisation du Conseil du Sceau, ont fait naître? On peut dire qu'àaucune époque de l'histoire bibliographique, on n'a vu une pareille productionde notices, de mémoires, de factums, de généalogies et de travaux de toute na-ture se rattachant aux questions nobiliaires ou à l'étude de la science héraldique.Ce mouvement des esprits donne un singulier démenti à l'idolâtrie de l'égalitérépublicaine, dont on prétendait naguère la France atteinte. Nous n avons pointà apprécier la nature de ce mouvement : nous le signalons, comme un des signesdu temps.

En présence de ces tendances du jour, il nous devait naturellement venir àl'esprit de composer le livre que nous offrons au public. L'idée n'en est pas pré-cisément neuve. On sait les services que rend à l'Europe lettrée /'Almanach deGotha, qui en est à sa 104 e année d'existence ; à 1 Angleterre le Peerage deBurke, dont l'estimable collection de M. Borel d'Hauterive ne saurait donner