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en même temps des œufs frais, soit de poules, soitdo paons (ces derniers sont les plus estimés) j des an-douilles, des pieds de cochon, un foie de sanglier,une tête d'agneau, de la fraise de veau ; le ventred'une truie, assaisonné de cumin , de vinaigre, desilphium ; de petits oiseaux sur lesquels on jeta unesauce toute chaude composée de fromage râpé,d 'huile, de vinaigre et de silphium. Ou donna ausecond service ce qu'on trouve de plus exquis en«ibier, en volaille, et surtout en poissons. Des fruitscomposèrent le troisième service.
Parmi cette multitude d'objets qui s'offraient ànos yeux , chacun de nous eut la liberté de choisir cequi pouvait le plus flatter le goût de ses amis, et dele leur envoyer : c'est un devoir auquel on ne manqueguère dans les repas de cérémonie.
Dès le commencement du souper, Démoeharèsprit une coupe , l'appliqua légèrement à ses lèvres,et la fit passer de main en main. Nous goûtâmes dela liqueur chacun à notre tour. Ce premier coup estregardé comme le symbole et le garant de l'amitiéqui doit unir les convives. D'autres le suivirent deprés, et se réglèrent sur les santés que Démoeharèsportait, tantôt à l'un , tantôt à l'autre, et que nouslui rendions sur-le-champ.
Vive et gaie, sans interruption et sans objet, laconversation avait insensiblement amené des plaisan-teries sur les soupers des gens d'esprit et des philoso-phes, qui perdent un temps si précieux les uns à sesurprendre par des énigmes et des logogriphes, lesautres à traiter méthodiquement des questions demorale et de métaphysique. Pour ajouter un trait