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jour d'amertume, à peine si l'on y rencontre un peud'ombrage. Des arbres nommés gommiers sont lesseuls ornements du plateau de l'île ; mais les vents lesont courbés tous du même côté vers la terre ; puisils sont en partie dépouillés de verdure. En général,la végétation de l'île est pauvre et mauvaise. Le peude légumes qu'on y peut cultiver y est dévoré par lesrats, ou brûlé par le soleil. Les pâturages y sont simauvais, que les bestiaux dépérissaient au bout dequelques jours qu'ils étaient arrivés dans l'île : car lesbœufs, les veaux et les moutons qui approvision-naient Sainte-Hélène , étaient tirés du Brésil et du Capde Bonne-Espérance; mais ils arrivaient maigres etdécharnés par suite de la traversée, qui dure trois se-maines , et même un mois ; les mauvais pâturagesde l'île contribuant à les faire dépérir de plus enplus , leur chair y devenait détestable.
Le pauvre cuisinier avait souvent le chagrin derecevoir une épaule de bœuf décharnée , tandis quele gouverneur gardai t pour lui le quartier de derrière ;et l'empereur, qui aimait les viandes grasses, avaiî ledésagrément de voir que son implacable ennemil'abreuvait de dégoûts continuels. Vers Noël, et àl'époque d'une course de chevaux qui avait lieu unefoij chaque année , le bœuf était couvert de graisse ,et arrivait dans l'île à cette époque de fête pour legouverneur.
Les cochons, qui étaient de race chinoise, ainsi quenous les voyons en Angleterre, et en France mainte-nant , étaient gras et d'une chair excellente : aussil'empereur en aimait les côtelettes, le boudin et lessaucisses, que son cuisinier lui préparait avec soin.