LES VINS DE FRANCE.
II est vrai que toute chose belle et bonne a son revers ou son inconvénient.II a été constaté que le vin ou plutôt le mélange du vin destiné à faire dumousseux doit contenir 11 à 12 pour 100 d'alcool.
S'il est trop léger ainsi, 2 pour 100 de sucre le ramèneront bien vile aupoids de l'eauj à plus d'alcool, il faudra plus de sucre, d'autant que, d'aprèsla science, plus le vin renferme d'alcool, plus il peut dissoudre d'acide car-bonique.
Ce principe, ignoré de nos pères, une fois constaté et admis, a mené loinleurs fils. En l'appliquant industriellement, on a fait boire aux populations, sousprétexte de champagne, toute espèce de liquide ayant la mousse et l'appa-rence extérieure du vin. Que de grogs mousseux se présentent au public avecle faux nez de vin de Champagne ! Qu'est-ce enfin que le grog? De l'alcool,du sucre et de l'eau.
Et c'est ainsi que la classe intelligente de MM. les épiciers peut vendresous le nom de champagne, à 2 fr. et 3 fr., ces petils reginglards qui mous-sent dans la perfection et valent bien vingt sous la bouteille.
# *
Ceci est une façon de démocratiser le champagne et de le mettre à laportée des petites bourses. C'est peut-être une excuse. II est vrai que lesconsommateurs n'ont que la grimace du champagne. Ceux que l'aspect seulde la mousse réjouit se contentent de cette grimace et ne voient rien au delà.Le similichampagne suffit à notre époque d'imitation, de contrefaçon, desimilor, d'argenture Ruollz, de similipierre, de similizinc, de similirichesse,de similivin.
Le simili champagne est assez pour l'effet et ne se boit que pour la galerie.
#
# #
Les alchimistes qui se livrent à ces travaux jouissent de peu d'estime, ilest vrai, ce qui ne les empêche pas d'acquérir beaucoup d'argent. Cedernier point obtenu, ils se soucient peu du reste.
* #
II soutle dire, ceux qui se respectent et ne livrent que des produits sérieux