136ADVIS SACREZ DE S. GVILLAVME,ET SES SAINTES MAXIMES.1. Tout l'vniuers n'est rien comparé aux delices d'vne amoureu-ſe ſolitude, où il n'y a que Dieu, & vn bon cœur.2. Pay esté Duc, i ayesté Comte, mais ce qui est bien plus pretieux,i'ay esté seruiteur de Dieu. Que sert il d'auoir tout le monde, si en finon perd Dieu?3. Helas ! combien y a il d'ames dans les enfers qui ont ſouſpiré à lavie solitaire, ont souhaité les cilices, & les haires! mais il n'ont rienſceu faire que d'auoir des bonnes volontez.4. Que noz petits trauaux sont legers, quand on les compare aupoids eternel de la gloire qu'on nous prepare au ciel!5. Il diſoit mille fois: Mon Dieu n'entrez pas en iugement auec vo-stre pauure seruiteur : car nul homme du monde ne se pourra iustifierdeuant vous.6. On croid que i'ay bien de la peine: mais ſi on voioit ce que Dieudonne à mon cœur, comme ſans ceſſe il le flatte de ſes miſericordes,helas! qu'on diroit bien, que tout ce que ie souffre, est peu de chose auprix de ces douceurs?7. Souffrons, Guillaume, souffrons ces petits maux, pour seruir lebon Dieu. ha! que pour seruir le mõde, i'en ay bien souffert d'auantage8. On ne gouſte pas Dieu, parce qu'on gouſte trop le monde. quene feroit vn hommes'il auoit vne bonne fois bien gousté la douceurde Dieui9. Las ! que c'est peu d'vn cœur pour aimer ce grand Dieu ! quiseroit digne d'estre aimé d'vn million de cœurs, ou d'vn cœur aussigrand qu'eſt tout cet vniuers.10. Dieu nous fait bien des biens, & nous permet bien des maux :mais tout bien balance, les maux qu'il nous enuoie, nous font plus debien, que les biens mesmes, quand cela est bien mesnagé.XVIII.
Druckschrift
Abrégé des vies des principaux fondateurs des religions de l'église réprésentez dans le choeur des l'Abbaie de S. Lambert de Liessies en Haynaut : avec les maximes spirituelles de chaque fondateur
Seite
136
Einzelbild herunterladen
verfügbare Breiten