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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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284 LES AVANTURESvolonté. Mais le pére des Dieux & des hommes leur dit d'unevoix douce & majestueuse : Vous voyez en quelle extrémité sontréduits les alliez, vous voyez Adraste qui renverse tous ses enne-mis : mais ce spectacle est bien trompeur; la gloire & la prospé-rité des méchans est courte ; Adraste impie & odieux par sa mau-vaise foi ne remportera point une entiere victoire. Ce malheurn'arrive aux alliez que pour leur apprendre à se corriger, & àmieux garder le secret de leurs entreprises. Ici la sage Minerve pré-pare une nouvelle gloire à son jeune Telémaque, dont elle fait sesdélices. Alors Jupiter cessa de parler. Tous les Dieux en silencecontinuoient à regarder le combat.Cependant Nestor & Philoctéte furent avertis qu'une partie ducamp étoit déja brûlée; que la flame poussée par les vents s'avan-çoit toujours ; que leurs troupes étoient en désordre, & que Pha-lante ne pouvoit plus soutenir les efforts des ennemis. A peine cesfunestes paroles frappent leurs oreilles, qu'ils courent aux armes,assemblent les Capitaines, & ordonnent qu'on se hâte de sortir ducamp pour éviter cet incendie.Télémaque, qui étoit abatu & inconsolable, oublie sa dou-leur. Il prend ses armes, don précieux de la sage Minerve, quiparoissant sous la figure de Mentor, fit semblant de les avoir reçuësd'un excellent ouvrier de Salente, mais qui les avoit fait faire àVulcain dans les cavernes fumantes du Mont Etna.Ces armes étoient polies comme une glace, & brillantes com-me les rayons du Soleil. On y voyoit Neptune & Pallas qui dis-putoient entre eux à qui auroit la gloire de donner son nom à uneville naissante. Neptune de son trident frappoit la terre, & on envoyoit sortir un cheval fougueux. Le feu sortoit de ses yeux, &l'écume de sa bouche. Ses crins flottoient au gré du vent : ses jam-bes souples & nerveuses se replioient avec vigueur & légéreté. Il nemarchoit point ; il sautoit à force de reins, mais avec tant detesse, qu'il ne laissoit aucune trace de ses pas : on croyoit l'enten-dre hennir.De l'autre côté Minerve donnoit aux habitans de sa nouvelle vil-