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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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DE TELEMAQUE. Liv. XI. 181toute l'armée. Les Chefs se regardoient les uns les autres, ne pou-vant résister à cet homme, ni comprendre qui il étoit. Toutes lestroupes immobiles avoient les yeux attachez sur lui. On n'osoit par-ler de peur qu'il n'eut encore quelque chose à dire, & qu'on nel'empêchat d'être entendu. Quoiqu'on ne trouvât rien a ajouteraux choses qu'il avoit dites, on auroit souhaité qu'il eût parlé pluslong-tems. Tout ce qu'il avoit dit, demeuroit comme gravé danstous les cœurs. En parlant il se faisoit aimer, il se faisoit croire;chacun étoit avide & comme suspendu pour recueillir jusqu'auxmoindres paroles qui $ortoient de $a bouche.Enfin après un assez long silence, on entendit un bruit sourd quise répandait peu à peu ; ce n'étoit plus ce bruit confus des peuplesqui frémissoient dans leur indignation, c'étoit au contraire un mur-mure doux & favorable ; on découvroit déja sur les visages je nesai quoi de serain & de radouci. Les Manduriens si irritez sentoientque leurs armes leur tomboient des mains. Le farouche Phalanteavec ses Lacédémoniens furent surpris de trouver leurs entraillesattendries. Les autres commencérent à soupirer après cette heu-reuse paix qu'on venoit leur montrer. Philoctéte plus sensible qu'unautre par l'expérience de ses malheurs ne put retenir ses larmes. Nes-tor ne pouvant parler dans le transport le discours de Mentorvenoit de le mettre, l'embrassa tendrement; & tous les peuples àla fois, comme $i c'eût été un $ignal, s'écriérent au$$itôt : O $ageVieillard, vous nous désarmez ! La paix, la paix.Nestor un moment après voulut commencer un discours; maistoutes les troupes impatientes craignirent qu'il ne voulut représenterquelque difficulté. La paix, la paix ; s'ecriérent-elles encore unefois. On ne put leur imposer silence qu'en faisant crier avec euxpar tous les Chefs de l'armée : La paix, la paix.Nestor voyant bien qu'il n'étoit pas libre de faire un discours sui-vi, se contenta de dire : Vous voyez, ô Mentor, ce que peut laparole d'un homme de bien. Quand la sagesse & la vertu parlentelles calment toutes les passions : nos justes ressentimens se changent en amitié & en désirs d'une paix durable. Nous l'acceptons tel-Z