DE TELEMAQUE. Liv. X. 169seul homme qui se présente à eux. Il leur montra de loin une bran-che d'olivier en signe de paix ; & quand il fut à portée de se faireentendre, il leur demanda d'assembler tous les Chefs. Aussitôttous les Chefs s'assemblérent, & il leur parla ainsi :O hommes généreux, assemblez de tant de Nations qui fleurissentdans la riche Hespérie, je sai que vous n'êtes venus ici que pourl'intérêt commun de la liberté. Je louë votre zéle ; mais souffrez queje vous représente un moyen facile de conserver la liberté & la gloi-re de tous vos peuples, sans répandre le sang humain.O Nestor! sage Nestor, que j'aperçois dans cette assemblée,vous n'ignorez pas combien la guerre est funeste à ceux mêmes quil'entreprennent avec justice, sous la protection des Dieux. La guer-re e$t le plus grand des maux dont les Dieux affligent les hommes.Vous n'oublierez jamais ce que les Grecs ont souffert pendant dixans devant la malheureuse Troye. Quelles divisions entre les Chefs.quels caprices de la fortune ! quels carnages des Grecs par la maind'Hector quels malheurs dans toutes les villes les plus puissantes,causez par la guerre, pendant la longue absence de leurs Rois ! Auretour les uns ont fait naufrage au promontoire de Capharée, lesautres ont trouvé une mort funeste dans le sein même de leurs é-pouses. O Dieux ! c'est donc dans votre colére que vous armâtesles Grecs pour cette éclatante expédition. O peuples Hesperiens! jeprie les Dieux de ne vous donner jamais une victoire si funeste.Troye est en cendres, il est vrai : mais il vaudroit mieux pour lesGrecs qu'elle fût encore dans toute sa gloire, & que le lâche Pârisjouït de ses infames amours avec Héléne. Philoctéte! si long-temsmalheureux, & abandonné dans l'Isle de Lemnos, ne craignez-vous point de retrouver de semblables malheurs dans une semblableguerre ? Je sai que les peuples de la Laconie ont senti aussi les trou-bles causez par la longue absence des Princes, des Capitaines, &des Soldats qui allèrent contre les Troyens. O Grecs ! qui avezpassé dans l'Hespérie, vous n'y avez tous passé que par une suitedes malheurs qui ont été les $uites de la guerre de Troye.Après avoir ainsi parlé, Mentor s'avança vers les Pyliens; &Neſ
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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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