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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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108 LES AVANTURESn'y irai pas, ils n'y iront pas eux-mêmes; je saurai bien les en empê-cher. Je vais trouver Mentor, je le prierai d'enlever Télémaqueil le remmenera à Ithaque. Mais que dis-je ? & que deviendrai-je,quand Télémaque sera parti ? suis-je ? Que reste-t-il à faire, ôcruelle Vénus ? Vénus, vous m'avez trompée; ô perfide présentque vous m'avez fait ! Pernicieux Enfant, Amour empesté, je net avois ouvert mon cœur que dans l'espérance de vivre heureuse a-vec Télémaque, & tu n'as porté dans ce cœur que trouble & quedésespoir. Mes Nymphes sont révoltées contre moi. Ma Diviniténe me sert plus quà rendre mon malheur éternel. O ! si j'étois li-bre de me donner la mort pour finir mes douleurs ! Telémaque,il faut que tu meures, puisque je ne puis mourir. Je me vengeraide tes ingratitudes; ta Nymphe le verra, je te percerai à ses yeux.Mais je m'égare, ô malheureuse Calypso! Que veux-tu? Fairerir un innocent que tu as jetté toi-même dans cet abîme de mal-heurs ? C'est moi qui ai mis le flambeau dans le sein du chaste Té-lémaque. Quelle innocence ! quelle vertu ! quelle horreur du vi-ce quel courage contre les honteux plaisirs ! Falloit-il empoison-ner son cœur? Il m'eut quittée. bien ! ne faudra-t-il pas qu'ilme quitte, ou que je le voye plein de mépris pour moi, ne vi-vant plus que pour ma rivale ? Non, non, je ne souffre que ceque j'ai bien mérité. Parts, Télémaque, va-t-en au-delà des merslaisse Calypso sans consolation, ne pouvant supporter la vie, nitrouver la mort. Laisse-la inconsolable, couverte de honte, déses-pérée avec ton orgueilleuse Eucharis.Elle parloit ainsi seule dans sa grote : mais tout à coup elle sortimpétueusement : êtes-vous, ô Mentor, dit-elle ? Est-ce ain-si que vous soutenez Télémaque contre le vice, auquel il succom-be ? Vous dormez, tandis que l'Amour veille contre vous. Je nepuis souffrir plus long-tems cette lâche indifférence que vous témoi-gnez. Verrez-vous tranquillement le fils dUlysse déshonorer son pé-re, & négliger sa haute destinée ? Est-ce à vous ou à moi que sesparens ont confié sa conduite? C'est moi qui cherche les moyensde guérir son cœur; & vous, ne ferez-vous rien? Il y a dans lelieu