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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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LES AVANTURESprez semez d'amaranthes & de violettes, formoient en divers lieuxdes bains au$$i pars & au$$i clairs que le cristal. Mille fleurs nai$$an-tes émailloient les tapis verds dont la grote étoit environnée. ontrouvoit un bois de ces arbres toufus qui portent des pommes d'or,& dont la fleur, qui se renouvelle dans toutes les saisons, répandle plus doux de tous les parfums : ce bois sembloit couronner cesbelles prairies, & formoit une nuit que les rayons du Soleil nepouvoient percer. La on n'entendoit jamais que le chant des oi-seaux, ou le bruit d'un ruisseau qui se précipitant du haut d'un ro-cher tomboit à gros bouillons pleins d'écume, & s'enfuyoit au tra-vers de la prairie.La grote de la Déesse étoit sur le penchant d'une coline. De-on découvroit la mer quelquefois claire & unie comme une glace,quelquefois folment irritée contre les rochers, elle se brisoit engémissant, & élevant ses vagues comme des montagnes. D'un au-tre côté on voyoit une riviere se formoient des Isles bordées detilleuls fleuris, & de hauts peupliers qui portoient leurs têtes su-perbes jusques dans les nuées. Les divers canaux qui formoient desIsles, sembloient se jouër dans la campagne. Les uns rouloient leurseaux claires avec rapidité; d'autres avoient une eau paisible & dor-mante : d'autres par de longs détours revenoient sur leurs pas, com-me pour remonter vers leur source, & sembloient ne pouvoirquitter ces bords enchantez. On appercevoit de loin des colines &des montagnes qui se perdoient dans les nuées, & dont la figurebizare formoit un horizon à souhait pour le plaisir des yeux. Lesmontagnes voi$ines étoient couvertes de pampre verd qui pendoiten festons. Le raisin plus éclatant que la pourpre, ne pouvoit secacher sous les feuilles, & la vigne etoit accablee sous son fruit. Lefiguier, l'olivier, le grenadier, & tous les autres arbres couvroientla campagne, & en fai$oient un grand jardin.Calypso ayant montré à Télémaque toutes ces beautez naturel-les, lui dit : Reposez-vous, vos habits sont mouillez, il est temsque vous en changiez ; ensuite nous vous reverrons, & je vous ra-conterai des histoires dont votre coeur sera touché. En même-temselle