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1 (1651)
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139
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139 I. PARTIE DE LA PERSPECTIVE PRATIQVE,APRATIQVE XI.POUR TROVVER LES OMBRES DV SO LEILjettées vers l'horison & inclinées du poinct de veuë.Horison en Perspectiue, c'est vne ligne qui est vis à vis de nos yeux, laquelle leur separe leCiel de la terre, & s'exprime aux tableaux par vne ligne parallele à la ligne de terre, commenous auons dit cy-deuant. Or pour faire que les ombres se lettent de ce costé, c'est à diredeuant nous, soit directement ou obliquement: il faut supposer que nous auons le Soleil àdos. Ce qui est le contraire de la figure precedente, le soleil estant à nos yeux, nous a fait5voir l'ombre du cube jettée en deuant.Quoy que celle-cy ait vn effet tout contraire & opposé à celle- : La pratique en est toute semblable n'yayant rien de changé, sinon qu'au lieu d'esleuer le Soleilsur le poinct trouué en l'horison pour celle- : Ilfaut pour celle cy l'abai$$er au de$$ous, comme i'ay fait voir en la figure 137. & qu'il $e verra plus ample-ment en celle-cyPour faire jetter l'ombre de ce Cube vers l'horison CD; il y faut prendre vn poinct à discretion verslequel on deſire qu'elle ſe jette.Ayant donc pris vn poinct dans l'horison, comme pourroit estre B, il y faut tirer des lignes de tous les ansgles du plan de ce Cubes Du mesme poinct Bil faut faire tomber vne perpendiculaire dessous l'horison CD.dans laquelle perpendiculaire on prendra le poinct I : selon qu'on aura determiné la grandeur de l'ombreOK ainsi que nous venons de dire, le poinct pris sur cette ligne donne le soleil autant esleué sur l'horisonque nous auons à dos, qu'il est abaissé au dessous de celuy CD. qui est deuant nous.Par apres, de ce poinct I, il faut tirer des rayons par tous les angles solides de dessus ce Cubé & pren-dre garde ces rayons coupperont les lignes tirées des angles du plan au poinct B. Car les sections de ceslignes par les rayons tirez de I, termineront le lieu de l'ombre, comme on void que la ligne tirée de l'angle E,au poinct B : est couppée au poinct F, par le rayon GI, passant par l'angle solide G, donnant le poinct F,pour terme de l'ombre de cét angle G. Les autres rayons tirés des angles solides comme IO, & I P. coup-peront les lignes des angles du plan H, N, aux poincts K. L. donnant E, F, H, N K L, pour l'ombre de ce Cu-be jettée devers l'horison.Quand l'ombre est jertée de ce costé, le solide en cache tousiours quelque partie; C'est pourquoy onprendra garde de rien marquer au tableau que ce qui s'en peut descouvrir, comme on le void en la figurede dessous.Pour l'ombre de la muraille D, il faut de l'angle qui s'auance le plus, comme est l'angle M, tirer vne ligne au poinct B, & cette ligne M B, suffita pour y prendre l'ombre de cette muraille, qui se termineracomme dessous.Si vn objet dans vn tableau jette ſon ombre de quelque coſté que ce ſoit; il faut que tous les autres objetsdu mesme tableau, lettent aussi leur ombre du mesme costé comme icy: s'il y auoit plusieurs obiets sur leplan, est ce Cube, ils deuioient tous ietter leur ombre deuers l'horison, par le moyen des poincts B, & I,pour les raisons que nous auons données.Cette pratique, se tire des deux fondemens que nous auons presupposes cy-deuant ; sçauoir que lesrayons du soleil, & en suitte les ombres des corps solides qui luy sont opposez, se terminent tousiours pardes lignes paralleles, lesquelles par consequent se doiuent exprimer en Perspectiue en la mesme manie-re que toutes les autres qui se portent vers l'horison lesquelles selon la regle generale concourent toutesà meine poinct, à raison qu'on suppose tous jours l'horison insiniment estoigné de nostre œil, ainsi qu'onpeut auoir veu au feuillet 12, cela fait que les lignes BE, BH, & BN. doiuent estre tenuës pour paralle-les, & qu'en suite l'ombre qu'elles enferment, & terminent, est telle qu'elle doit estre, prouenant de l'op-position du corps solide aux rayons du soleil. Et d'autant que les rayons du soleil qu'on suppose derrierenous, doiuent estre parallels aussi bien que les rayons BE, BH & BN se iettants vers l'horison, (quoyque ce soit au dessous, à raison de l'esleuation du soleil sur nostre Hemiſphere, & derriere nous) il eſt neceſsaire qu'ils concourent aussi en mesme poinct representé par I, qu'on ne suppose pas moins esloignéque B.