127 I. PARTIE DE LA PERSPECTIVE PRATIQVE,AORIGINE DES OMBRES.Our DEFINIR L'OMBRE NATVRELLE, nous ne disons pas que c'est vneentière priuation de lumiere; car ce seroit dire vne parfaite obscurité,où l'on verroit aussi peu les objets que leurs ombres; mais nous enten-dons vne priuation des rayons lumineux dont le corps qui cause l'ombreempesche la continuation. Car la lumiere estant de soy communicatiue,se produit sur tout ce qui ne luy est point caché, & s'estend dessus tout ce qui est plan &vny: mais s'il se rencontre la moindre esleuation, cét empeschement fait faire vne Om-bre, qui rend ſur ce plan la forme & figure de ce qui eſt eſclairé.La diversité de lvminaires, fait diuerses formes d'Ombres ; car si le corps quiesclaire est plus grand que celuy qui est esclairé, l'Ombre sera plus petite que le corps;s'ils sont égaux, l'ombre sera egale au corps esclairé; mais si la lumiere est plus petiteque l'objet, l'Ombre ira s'agrandissant tousiours.Pour mieux entendre cecy, nous ferons les trois Figures suiuantes, qui nous serui-ront de fondement, pour les regles que nous donnerons.La premiere, monstre que le corps lumineux AB, estant plus grand que l'illuminéCD, il esclaire plus que la moitié de l'objet, ce qui luy fait donner l'ombre en pointe,& former vne Pyramide, dont le Soleil est la baze. Là raison est que le Soleil, qui estle Corps lumineux, estant cent soixante six fois, & d'auantage, plus grand que la terreil l'esclaire plus de la moitié ; Et luy fait par consequent donner son ombre en pointe.La deuxiesme, avant le Corps lumineux F G, egal en grandeur à l'illuminé H I, il es-claire la moitié de l'objet, & donne son ombre parallele HIKL.La troisiesme fait voir que le Corps lumineux, ou la lumiere M, estant moindre quece qui est illuminé N O, il n'est pas esclairé à moitié, ce qui luy fait faire vne ombre NOPQ, qui s'eslargit à mesure qu'elle s'esloigne de l'objet, & fait vne Pyramide, dontla lumiere est la pointe.
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