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1 (1651)
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12 I. PARTIE DE LA PERSPECTIVE PRATIQVE,ADES RAYONS ET LIGNES PARALLELESPerspectiues.Omme le secret de la Perspectiue despend de la connoissance de l'horizon, ainsi quenous venons de dire, & des rayons qui y sont tirez ; il m'a semblé necessaire de donnerencore cette figure auant que de passer plus outre, tant pour inculquer ce que nousauons desja dit des rayons, que pour donner pleine satisfaction à l'esprit, de ceux quine conçoiuent pas si aysement comme des lignes paralleles peuuent faire vne pyramide,ny comme on doit prendre des lignes qui forment vne pyramide pour des paralleles. Iecrois pourtant qu'ils en sont conuaincus, pour ce qui est du poinct de veuë puisqueNnous en auons donné des raisons suffisantes, aux feuillets precedents.Mais outre le poinct de veuë, j'ay dit qu'en quelque lieu qu'vn poinct soit pris dans l'horizon, toutesles lignes qui sont tirées à ce poinct, doiuent estre tenuës pour paralleles entr'elles ; ce que ie veux fairevoir a l'oeil en cette figure à fin d'ayder l'esprit à posseder cette connoissance entierement, pour faire pro-fit en la pratique de la Perfectiue, qui fait trouuer les apparences des objects par des rayons qui se termi-nent en pyramide dans l'horison, de quel biais que les objects puissent estre tournés.Par exemple du Plan Geometral ABCD. les lignes AB, CD, EF, sont paralleles AC, BD. encore pa-ralleles, & AF, ED. aussi paralleles entr'elles.Pour auoir ce plan en Perspectiue, il faut premierement determiner l'horizon GH, haut ou bas, com-me nous auons dit, & dans cet horison prendre vn poinct à discretion, selon qu'on veut voir l'objet, carsi on le veut voir de front, ce poinct doit correspondre au milieu de l'objet, & s'il doit estre veu de costé, ilfaut le mettre à costé de l'objet, car ce poinct de veuë doit estre tousiours opposé à nostre œil. Puis ayantcontinué, par lignes occultes, les lignes du Plan geometral AB, EF & CD, jusques sur la ligne, KLqui est la ligne de terre, il faut, des sections qu'elles y feront, tirer des lignes, ou rayons, à ce poinctde veuë I pris sur l'horizon, que nous supposons esloigné de nous infiniment, & par consequent ces li-gnes, b I, f I, & d'I, produites à l'infini.Or nous auons veu que les objects diminuent à proportion qu'ils s'esloignent d' il faut conclure quece qui est infiniment esloigné est infiniment diminué, c'est à dire jusques à vn poinct: d' il faut infererque les lignes b, f, d. tirées au poinct I, sont des lignes paralleles produites infiniment, ou en Perspectiue.Si des poincts f, d, de la ligne KL, l'on en tire à vn autre poinct M, dans l'horizon GH: ces lignes d M &f. M. seront encore paralleles entr'elles, par les mesmes raisons que dessus, car puisque le poinct M, estdans l'horizon il doit estre supposé aussi esloigné de nous que le poinct IDe plus puisque ces lignes tirées au poinct I, sont paralleles entr'elles, comme celles tirées au poinct M.sont aussi paralleles entr'elles : leurs sections a, e, doiuent estre les apparences de celles du geometral AE,c'est pourquoy si l'on tire vne ligne a, e, c, parallele à b, f, d. l'on aura le plan Perspectif a bed, pour ap-parence du geometral ACCD.L'on doit sçauoir icy, que non seulement les poincts pris dans l'horizon comme IM, doiuent estre te-nus pour eſloignez infiniment, mais auſſi la ligne N O, eſleuée ſur l'horizon, celle PQ. abaiſſée au deſſous,& celle ST qui coupe l'horizon perpendiculairement au poinct V, doiuent estre tenues pour des lignes in-finiment esloignées : c'est pourquoy si l'on prend quelque poinct sur ces lignes, comme pourroient estreles poincts O, Q, S, ou T, & que l'on y tire des lignes, je dis que toutes les lignes qui iront se couper àquelqu'vn de ces poincts, sont tenües pour des paralleles entr'elles, par la mesme raison que celles tiréesaux poincts I & M; & ces poincts se nommeront aëriens s'ils sont au dessus de l'horizon comme S, O, &terrestres quand ils seront au dessous comme Q, T. Cette connoissance suffit pour maintenant, nous enverrons l'usage au traité des ombres, & aux pièces inclinées qui déclinent de l'horizon.Il est tres certain que celuy qui gagnera cela sur son imagination dés le commencement, aura vngrand auantage pour conceuoir bien tost toutes les pratiques ; c'est pourquoy ie fais tous mes efforts pourle faire comprendre d'abord, à ceux qui en seront capables, dans le dessein que j'ay qu'on se fasse maistre,en cet art, sans fatiguer beaucoup son esprit, mais non pas sans trauail : car en cette science la capacitéde la theorie est tres belle, & donne bien des fleurs, mais les fruicts ne s'en cueillent que de la main, c'està dire par la pratique, qui met en euidence les belles concessions.