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10 I. PARTIEDE LA PERSPECTIVE PRATIQVE,.COROLLAIRE III.Ls'ensuit du discours precedent, que si l'on joint deux triangles com-me le penultieme, pour les costez ; & deux des derniers, pour le des-sus & dessous d'vne chambre; que tous ces quatre triangles points en-semble se termineront en vn seul poinct A, qui est le poinct de veuë,tous les rayons visuels se vont joindre, & par ce moyen donner preuuede ce que nous venons de dire; Qu'à mesure que les objets s'esloi-Ngnent ils s'appetissent ; ceux de dessous s'esleuent ; ceux de dessus s'ab-baissent; & ceux des costez se serrent, comme on peut voir en la 1 figure : Ce qui nousfait parroistre à l'œil des renfoncemens qui fuyent, & qui semblent s'esloigner de nous,quoy que nous les ayons tous prés de nostre œil.Ces arbres estans produits de la mesme cause, font le mesme effet que les colomnes,dont nous auons parlé cydessus estant tous compris dessous vn mesme angle : ces deuxrangées ayans chacune vn triangle, les triangles se joignent en vn poinct A, & en formentvn troisiesme: qui est la terre, & vn quatriesme si vous voulez qui sera l'air : & ainsinous donnent vne gayeté qui nous resiouyt & recrée la veuë par l'apparence de cette al-lee d'arbres.Chacun sçait que les lignes qu'on tireroit du bas & du dessus de plusieurs colomnesou pillastres de mesme hauteur, seroient asseurement paralleles entres elles. Celles quiseroient tirées des pieds & du dessus des arbres de mesme hauteur, le seroient aussi.Or supposé ce que nous venons de dire ; que les objets diminüent à proportion qu'ilss'esloignent, & que plusieurs d'égale hauteur se rencontrent sous vn mesme angle, com-me on void tous les pillastres de cette gallerie sous vn mesme angle CAB, auquel lesapparences des objets les plus esloignés se trouuent les plus proches du poinct de veüe;Il faut conclure que les rayons BA, & CA, doiuent estre tenus pour parallels : Et nonseulement ceux, mais encore ceux D, & tout autant qu'on en tirera à ce poinct A; ilsdoiuent estre tenus tous pour lignes ou rayons parallels entreux.Ce qui se vient de dire du poinct de veuë, se doit entendre de tout autre poinct dessusl'horison, car en quel lieu qu'il soit, toutes les lignes qu'on y tirera doiuent estre tenuëspour paralleles.Par cecyl'on void euidemment ainsi que i'ay desia dit, que le propre de la PERSPECTIVIPRATIQVE est de representer les objets sur vn plan, de la mesme façon que nous conce-uons les rayons visuels produits de l'œil jusqu'aux objets; ou bien les especes produi-tes des objets jusqu'à l'œil en forme de pyramide, qui coupent le tableau qui est entredeux, comme cydeuant ; Car puisque les parties les plus hautes d'vn objet sont veuëspar des rayons plus hauts, les plus basses par des rayons plus bas & les gauchiſſantes pardes rayons qui gauchiſſent (comme il appert d'vne Gallerie comme celle-cy A,, ainſique nous auons dit, il semble que les planchers s'abbaissent, le paué se rehausse & lesmurailles se retressissent) il s'ensuit de necessité que tous les rayons visuels aboutissenten vn poinct, sur l'horison, esleué à la hauteur de l'œil: ce poinct estant trouué, l'ony doit tirer toutes les lignes qui sont paralleles entr'elles, & de tous les objets qui serencontrent au tableau.