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9 I. PARTIE DE LA PERSPECTIVE PRATIQVE,eCOROLLAIRE II.POVROYOY LES OBIETS SAPPETISSENTeſtant veus de loing.'OPTIQVE nous enseigne que les objets donnent leur apparenceselon l'angle sous lequel ils sont veus ; & cét angle se prend en l'œilse rencontrent les lignes qui enferment l'objet. Par exemple, l'œil A,regardant le premier objet BC. Il se fait deux rayons AB, AC, quidonnent à l'œil l'angle BAC. Si le mesme œil A, regarde le secondNobjet, il se fait encore deux rayons AD, & AE, faisant l'angle DAE,moindre que BAC. L'angle du troisiesme objet F G, est encore plus petit, & le der-nier objet KL, donne tousiours l'angle plus petit, ainsi qu'est KAL: de cette expe-rience, il faut conclure que les objets estant esgaux, les plus esloignéz sont veus sousvn angle plus petit, & partant ils doiuent donner leurs apparences plus petites és Per-ſpectiues, qui ſont comme des coppies de l'œil.De ce que dessus il s'ensuit que si les objets dont nous venons de parler, estoientenferméz de deux paralleles, comme BK, & CL; que les apparences de ces paralle-les se termineroient en pyramide & se couperoient au poinct de veuë.Par exemple, si l'œil estoit remis en M, le premier objet paroistroit comme KL, &le dernier BC, ne donneroit son apparence, pas plus grande que NO, & les lignestirées de K, à N, & de L, à O, seroient les apparences des paralleles KB, &LC: ceslignes KN, & LO, estant continuées se termineroient au poinct de veuë A, c'est pour-quoy toutes les lignes tirées à mesme poinct dans l'horison sont tenuës pour parallelesentr elles en l'art de Perſpectiue.La 2 figure est vne suite de ce que nous venons de dire : car supposé que les objetsapparoi ssent tels qu'est l'angle dans lequel ils sont veus, il s'ensuit de, que si l'on tireplusieurs lignes dans vn mesme triangle, elles doiuent paroistre égales entr'elles:aussi disons nous que toutes les lignes qui sont comprises entre les longs costéz dutriangle NOP, paroistront égales entr'elles quoy qu'inegales en soy. Or puis quetous les objets compris sous mesme angle semblent egaux, ceux qui seront comprissous vn plus grand angle sembleront plus grands, & ceux qui seront compris sous vnPlus petit angle ſembleront plus petits.S'il y auoit quantité de colomnes ou de pillastres de costé & d'autre dans vne salle,il faudroit de necessité que tels obiets fussent veus dessous diuers angles, & partant qu'ilsparussent inegaux : mais d'autant que reduits en Perspectiue ils peuuent estre comprissous vn mesme triangle radical, on doit inferer de qu'ils sont égaux entre eux. Parexemple en la figure; l'œil estant en A, si des poincts DE, premier objet, l'on tire leslignes visuelles au poinct de veuë O, directement opposé à l'œil A, ces lignes DO &EO, feront le triangle radial DOE, qui enfermera les pillastres DE,FG, HI, KL, MN,donc ils sont tous égaux par entre eux, quoy qu'en apparence ils soient inegaux, à rai-son que les lignes DO & EO sont tenues pour paralleles puis qu'elles se coupent à mes-me poinct dans l'horison; ce qui se verra amplement au feuillet 12.Ce que nous venons de dire des costez, se doit aussi entendre des pauez & planchers :car les diminutions des angles, deſſous leſquels l'on voit les objets qui s'eſloignent, ſefont aussi bien au dessus & au dessous de nous, qu'aux costez. C'est pourquoy nous n'endirons autre chose, sinon que pour les pauez il faut prendre garde qu'il y ait autant dequarreaux entre les objets les plus esloignez, qu'entre ceux qui sont les plus prés : Carencore que les objets les plus reculez se reſſerrent autant qu'ils s'eſloignent, ils ne laiſ-sent pas de garder leur mesme distance proportionellement ; comme on peut voir entreBCDE, 4 figure qu'est l'interual des pilastres; il y a 16 quarreaux; Il y en a aussi 16entre les plus esloignez KLMN.