DES PEINTRES. 139Lorsque j'ai avancé, que loin de leschercher, on devoit rejetter ces anec-dotes douteuses, & souvent fausses,capables de flétrir la mémoire des grandsArtistes, je n'ai pas prétendu dire, qu'ilfallût passer sous silence des faits connusde tout le monde, & qui peuvent donnermatiere à d'utiles réflexions.Il est nombre de cas, où l'on doit ci-ter les défauts des hommes célebres,dont on s'est chargé d'écrire la vie. Vousvous êtes trouvé, Monsieur, dans la né-cessité d'en user ainsi à l'égard de feu M.le Moyne. Personne ici ne pouvoit igno-rer, combien il étoit tourmenté par cet-te ambition, qui, dans tous nos émules,nous offre des objets de haine : & c'é-toit un service à nous rendre, que denous remettre sous les yeux, à quel pointcette passion dominante le rendit malheu-reux malgré ses succès, & dans quel abî-me enfin elle fut le précipiter.M. le Moyne, tel que vous venez dele représenter, fait sur nous l'effet quedoit produire le Héros de la Tragédie :
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