DES PEINTRES. 85tiste, & l'admiration qu'on lui causelui paroîtroit un hommage de moindreprix, si on lui en exposoit le travail. LeMoyne possédoit cet art, mais il n'enavoit pas autant pour cacher son ambi-tion ; elle l'a conduit au grand, c'est uneexcuse : mais je n'en sai point pour justi-fier la haine qu'il avoit pour tous ses con-freres, qui même ne pouvoient, ni letraverser, ni lui rien disputer. Cependantquelque satyrique, & peut-être envieuxqu'il fût né, il étoit doux avec ses éleves;il les aimoit, les corrigeoit avec amitié,& leur témoignoit une affection & unintérêt qu'il ressentoit véritablement : jene crains pas que ceux qu'il nous a laissés,& qui composent aujourd'hui une partiede votre Académie, me démentent. Cen'est pas tout, il déféroit aux avis qu'onlui donnoit $ur $es ouvrages, & montroitbeaucoup plus de docilité, que souventon n'en rencontre dans le commerce degens véritablement nés plus doux qu'ilne l'étoit. D'ailleurs, les soins qu'il eutde sa mere qu'il retira chez-lui, dès queF iij
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