DES PEINTRES.prétendit rabaisser les autres Peintres :mais il croyoit que ce choix étoit une ré-compense dûe aux soins particuliers queM. Coypel s'étoit donnés pour la méri-ter. Cette bonté si capable d'animerles talens eut son effet: bientôt on vitparoître dans la chapelle les tableaux dela Résurrection & de l'Annonciation.Le Prince daigna s'appercevoir que lezele le plus ardent, avoit conduit la maindu Peintre. Aussi est-il vrai qu'on ne peutvoir le premier de ces tableaux sans êtrefrappé de respect, & d'une sainte terreur;dans le second, l'humilité profonde &noble de la Vierge, avertit la créature des'anéantir devant le Créateur. Tellesétoient les idées de M. Coypel, en trai-tant les sujets sacrés : il croyait ne pou-voir alors rendre la peinture trop élo-quente. Enfin, si on l'ose dire, il vouloitpar les yeux faire passer dans les cœurs lesimpressions de la plus saine morale.En 1702. M. le Duc d'Orléans lui dé-clara, qu'ayant dessein d'orner le PalaisRoyal, il vouloit lui faire peindre sa gran-Tome II.
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