DES PEINTRES. 129tar on venoit d'arrêter ce grand mariage.Mignard se rendit ensuite à Paris, où sonami Dufrenoy se sépara aussi tôt de ceuxqui l'avoient accueilli pour venir logeravec lui. Leurs sentimens étoient si con-nus, & leur amitié si constante, que ceuxqui furent sacrifiés ne pouvoient le trou-ver injuste : ces deux amis étoient dignesde s'aimer. Le poëme de Duſrenoy prou-ve assûrément la profondeur de ses con-noissances, & Mignard avoit non seulement de l'esprit, mais encore il étoit ai-mable. Le goût qu'il a toûjours eu pourla bonne compagnie, & pour les hommesdistingués par leur mérite, ne permet pasde le révoquer en doute ; aussi fut-il admisdans les meilleures maisons de Paris,comme il l'avoit été dans celles de Ro-me, & vécut avec Moliere, la Fontaine,Racine, Chapelle, Despreaux, madamede la Fayette, le grand Bossuet, l'Auteurde Télémaque ; enfin dans l'intimité d'u-ne société, qui fera dans tous les sieclesun objet d'envie pour tous les gens ai-mables qui ne sont venus qu'après eux. JeTome I.
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