DES PEINTRES. 105cité & cette familiarité, qui jointes àtant de grandes qualités, ont produit l'a-mour & la vénération que les Françoislui conserveront à jamais : Ce ne sontpoint-là des Mores, ce sont des Mignards.Ce nom leur demeura si bien, que depuisce jour-là, ils n'en ont point porté d'au-tre, eux & leurs enfans.La paix de Vervins ayant rendu le cal-me à la France, le pere de notre Artistechargé de blessures, se retira à Troyesqu'il avoit choisi pour sa patrie, aprèsavoir servi l'espace de vingt-quatre an-nées, & laissa à ses deux enfans, Nico-las & Pierre, la liberté de suivre le goûtqu'ils témoignoient pour la peinture. Leplus jeune, celui dont il s'agit ici, avoitété destiné à la medecine, & faisoit sesétudes ; mais en voyant dessiner son frereaîné, la nature lui fit sentir qu'il étoitégalement né pour la peinture, & quec'étoit envain qu'on vouloit lui faire em-brasser un autre état. Il prend le crayon,& sur le champ il dessine; il se hasarde mê-me à faire des portraits, dont la ressem-
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