214 Le Cabinet des Tableaux,propre pour les grandes ſciences, tant parceque son esprit étoit docile & entrepre-nant, que parce qu'il étoit d'une com-plexion robuste & infatigable, il ne fei-gnit point à le mertre chez les Caraches.Il ne se trompa nullement dans son cal-cul, puisque l'Albane devint un de leurs meil-leurs Eléves, & un des grands amis du Guide; mais cette union ne dura pas long-tems: ilépouſa à Bologne une ſeconde femme d'u-beauté charmante, & qui avoit une régu-larité de parties si juste, que souvent ellelui servoit de modelle dans la dispositiondes grands sujets qu'il avoit à traitter.comme il fit dans quelques Tableauxoù il devoit representer Venus : il en eutdes enfans qui répondoient bien aux agré-mens d'une mere ſi parfaite, par les traitsexcellens que la nature avoit pris plai$irde former en eux, leur ayant donné desairs de têtes tout à fait gracieux & agrea-bles : ce qui donnoit à ce Peintre fameuxde merveilleuses idées pour ses ouvrages :& pour vous marquer plus ſenſiblementcette verité, on sçait par tradition, que lesnommez François le Flamand & l'Algarde,deux des plus ſçavans Sculpteurs de leurtemps, s'en trouverent si charmez, qu'ilsvoulurent faire d'aprés eux, les modellesd'enfans, qu'ils nous ont laissez, où l'onne découvre rien que de tendre, d'agres-ble & de parfait.
the75K2.01/I.2 fl.amh2Chre.⸸12dann5