42 Le Cabinet des Tableaux,lités, que l'on peut dire que celles qu'il nepoſſedoit pas dans un état parfait, ne dimi-nuoient en rien l'estime qu'il possedoit émi-nemment. Il sçavoit faire le choix de cequ'il y a de plus achevé dans les corps pouren former ses figures : & quoy qu'il nerecherchât point tant d'y faire paroître dela fierté & de la force, que de la grace &de la douceur ; il obſervoit neanmoinscertaines choses qui les rendoient surpre-nantes ; en $orte que dans ce qui regarde l'E-lection des sujets, la Composition des or-donnances, le choix des attiudes, les airsde têtes, les accommodemens des Drap-peries, & tous les ornemens qui peuventenrichir un Ouvrage, il y apportoit tantde soin, & y travailloit avec tant d'art& de jugement que c'est par cet endroitqu'il a surpassé tous les autres Peintres.Comme il y a des beautés qui ne con-ſiiſtent pas ſeulement dans la proportion desparties, mais aussi dans la variété & le con-traſte de ces parties les unes auprés des au-tres ; c'est de cette variété admirable, &de ce contraste si élegant que les Tableauxde Raphaël reçoivent leur souveraine per-fection : c'est aussi ce qui fait le grandgoût de ses Ouvrages, qui s'y repose, &sy rencontre comme dans son centre.Mais outre ces qualités, on y voit en-core une expression que l'on ne peut aſſez
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