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Texte (1867)
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LES PROMENADES INTERIEURES DE PARIS.

Drainage des Plantations. Pour faire arriver l'eau aux: racines des arbres, oncommence d'abord par réserver, à leur pied, une vaste cuvette qu'on recouvre d'une grille, afin quele sol resle toujours perméable. Lorsque les racines se sont éloignées du tronc et se sont répanduesau loin, l'eau pénètre difficilement jusqu'à elles par la surface du sol, ce sol étant devenu imperméable parsuite du bitume ou du pavage, ou parce qu'il a acquis, d'une manière quelconque, la consistance qu'ondoit lui donner dans l'intérêt de la circulation. C'est alors qu'il faut amener l'humidité à l'extrémitédes radicelles, à l'aide d'un système général de drains, qui enveloppent les arbres et se relient entre eu\par un drain conducteur, communiquant avec les branchements d'égout. En ouvrant un clapet, quiferme la communication des drains avec l'égout lorsqu'ils senent à l'arrosage, la destination del'ensemble du réseau se transforme et devient, pendant l'hiver, et au moment des pluies abondantes,un vaste système de drainage.

Préservatifs pour la conservation des Arbres. Les ennemis des arbres sont,d'abord, le public ignorant ou malveillant, les émanations du gaz, les orages violents, et souvent Jeshabitants voisins des plantations, qui veulent bien jouir des avantages qu'elles procurent, mais quiredoutent les inconvénients de la présence des arbres devant leurs maisons.

Tour préserver les végétaux des atteintes du public et de l'action du vent, on a supprimél'ancien tuteur, ainsi que l'épinage, qui est très-défavorable à la croissance des arbres, et dontl'aspect disgracieux ne convient pas dans les promenades d'une capitale. On l'a remplacé par uncorset-tuteur, décrit au chapitre des plantations d'alignement du Bois de Boulogne (voir Page 43).

On place, en outre, au pied des arbres plantés sur des trottoirs recouverts de bitume, des plaquesen fonte à jour, variant de 1 mètre à 2 mètres de diamètre, pour conserver un sol perméable autourdu tronc des arbres.

Pour arrêter les effets délétères des fuites de gaz, on a obligé la Compagnie concessionnaire del'éclairage au gaz à envelopper ses conduites dans un drainage en cailloux, et ses branchements dansdes drainages ordinaires mis en communication avec l'air extérieur; ce qui permet au gaz de s'échapper,et facilite la recherche des fuites, par l'odeur qui s'échappe des orilices ménagés au pied de chaqueappareil aboutit le branchement.

Quant aux déprédations des propriétaires, le bon sens public a fini par en avoir raison, et lesactes de vandalisme, véritablement indignes d'un peuple civilisé, qui s'étaient produits au début, ontà peu près disparu aujourd'hui.

Prix d'un Arbre.- Tels sont les procédés à l'aide desquels il a été possible de doterPai'is des plantations qui constituent aujourd'hui l'un de ses principaux ornements, et qui contribuentpuissamment à l'agrément et à la santé des habitants. On comprend aisément que l'ensemble desprécautions qui viennent d'être décrites est fort dispendieux; aussi le prix d'un arbre ordinaire d'ali-gnement ne revient pas à moins de 180 francs. Mais cette dépense, indispensable pour obtenir unevégétation à peu près normale, n'a rien d'excessif, mise en regard des services rendus par les plan-tations. Elles sont indispensables pour renouveler l'air vicié d'une grande cité, en absorbant l'acidecarbonique, qu'elles décomposent et transforment en oxygène. Elles procurent l'ombre, si nécessaireau nombreux public qui circule sur les voies magistrales de Paris. Enfin, elles contribuent grandementà la décoration de la cité.