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LES PROMENADES DE PARIS.
la plantation d'essences à feuilles persistantes qui a donné les plus beaux résultats est celle des cèdres, desmélèzes, des genévriers et des pins formant actuellement la charmante île des Cèdres (fig. 35), que viennentbaigner les eaux du ruisseau d'Armenonville, à l'angle de l'allée de Longchamps et de la route des Sablons.
Aménagement du Bois. — Jadis le bois de Boulogne était aménagé par coupes detrente ans, sous futaies, sur les points les moins fertiles; et en futaies pleines, dans les endroits où lavégétation était plus vigoureuse. Depuis la transformation de cette promenade, on a renoncé aux coupesrégulières; la ville de Paris tenant beaucoup moins à retirer un certain revenu du Bois, qu'à lui donnerl'aspect d'une forêt touiïue et pittoresque. On se borne donc aujourd'hui à abattre les bois morts, à faireaux tiges et aux futaies les élagages que nécessite leur développement; et l'on conserve avec soin les taillis,les ronces, les épines et les arbustes qui cachent les troncs des arbres, et forment, au printemps surtout,un fourré de verdure et de fleurs d'un aspect charmant.
Dans ce système, les arbres placés loin des routes ne prennent pas le développement qu'ils acquerraientsi le taillis était coupé régulièrement, et les ronces et les épines arrachées; mais il suffit, pour les prome-neurs , que les arbres rapprochés des allées soient bien tenus. Or, ces arbres sont l'objet de soins parti-culiers, et le sol, à leur pied, a été dégagé des plantes parasites et semé d'un tapis de gazon.
Gribier conservé dans le Bois. Le bois de Boulogne était fort giboyeux autrefois, et
la chasse y était réservée au souverain. Mais le développement de Paris, du côté des Champs-Elysées et dePassy, en rapprochant la ville du Bois et en augmentant le nombre des promeneurs, a fini par enexpulser à peu près complètement le gibier. On n'y voit plus que quelques chevreuils et de rares faisans,qui disparaîtraient aussi avant peu, si l'on ne s'était décidé à établir dans l'île du grand lac unevolière pour la multiplication de toutes les variétés de ces magnifiques oiseaux. Le seul genre de gibierqui pullule encore au Bois est le lapin, dont la présence est si funeste aux plantations. Aussi s'efforce-t-on de le faire disparaître par de fréquentes battues.
Parc aux daims. — Outre les chevreuils qui vivent en liberté dans le Bois, il existeun troupeau de daims l'enfermés dans un parc.
Le premier parc aux daims, créé dans le Bois, a été établi en 1856, dans la vaste pelouse quifait face à la grille de la Muette. Ce terrain, clos dans tout son pourtour d'un léger grillage en fil defer, contenait près de neuf hectares, dont quatre et demi en pelouse, et le reste boisé. Dix-huit daims,provenant du parc de Saint-Cloud, en furent les premiers hôtes.
En 1862, le parc aux daims a été transféré sur une autre pelouse située entre le grand lac et l'entréenord du Pré-Catelan. Ce nouvel enclos ne contient plus que cinq hectares environ, dont un seulementest planté. L'ancien parc a été approprié pour les cavaliers qui viennent le matin au Bois se livrer àdes exercices de haute école.
Le nombre de daims renfermés dans ce parc varie de quarante à cinquante, dont moitié sont desfemelles. 11 y en a de tout âge, depuis un an jusqu'à dix ou douze ans. Il naît chaque année de quinzeà dix-huit faons, qui sont l'objet d'échanges avec le Jardin d'Acclimatation.
Pendant l'hiver, les daims sont nourris avec du foin et des marrons d'Inde, dont ils se montrenttrès-friands. Pendant l'été, ils vivent de l'herbe de leur parc, et de celle que l'on fauche pour eux dansle Bois.