LE BOIS DE BOULOGNE.
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CHAPITRE V
LACS, PIÈGES D'EAU, RUISSEAUX ET CASCADES
I. — Lacs, pièces d'eau et ruisseaux.
Grand et petit lac. — Les deux lacs de Ja partie centrale du bois de Boulogne ont étécreusés en 1853 et 1854, lors des premiers travaux d'embellissements de cette promenade. Les déblaisprovenant des fouilles ont servi à niveler les abords de ces lacs, à élever le monticule du rond Mortemart,et à combler d'anciennes allées droites supprimées, qui ont été converties en taillis au moment de latransformation du Bois. Ces terres étaient tout à fait impropres à la végétation. Aussi, pour les rendreaptes à recevoir des plantations, a-t-il fallu faire plus tard, sur les points où elles étaient déposées, destravaux importants. Dans certaines parties le sol a été drainé, dans d'autres les déblais ont été enlevés;ailleurs, enfin, on a rapporté une couche de terre végétale.
Le lac supérieur a une surface de 30,000 mètres. Creusé dans un sol peu perméable, il a toujoursbien retenu les eaux. Le grand lac, d'une superficie de 190,000 mètres, y compris deux îles d'une étenduede 80,100 mètres carrés, a laissé échapper les eaux lorsque l'on a voulu l'emplir avant tout étanchement.Pour arrêter les filtrations, on a construit sur ses talus, avec les plaquettes calcaires provenant des fouilles
Fig. 18. Coupe d'un perré maçonné du grand lac.Échelle de 0"\01 p. m.
qui y avaient été faites, des perrés maçonnés jusqu'au niveau de l'eau. (Fig. 18.) Le fond a reçu unradier en béton de 0 m ,10 d'épaisseur, bien pilonné, et recouvert d'un enduit en mortier de 0 m ,03. Lemortier a été formé de trois parties de sable pris dans le Bois, et d'une partie de chaux hydrauliqueartificielle éteinte en pâte. Le béton était composé de deux parties de ce mortier, et de trois parties decailloux siliceux extraits des carrières du Bois. Le prix de l'étanchement du grand lac est revenu à230,700 francs ; ce qui donne une dépense de 2 fr. 08 par mètre carré d'enduit ou de perré.
Les lacs ayant été creusés sur un sol en pente, leurs berges varient naturellement. La hauteur desberges du lac supérieur atteint près de quatre mètres, du côté de la butte Mortemart. Dans le grandlac, les berges, hautes de 0 mètres à la partie supérieure, près des cascades, s'abaissent ensuite progres-sivement, et l'eau se trouve en contre-haut du sol naturel, \ers l'extrémité nord.