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INTRODUCTION.
c'est s'épuiser à faire de petites huttes, dont l'effet est toujours mesquin. Il ne serait pas plus convenable de vouloirdessiner une rivière sur un terrain très-incliné, en affectant de lui donner les allures d'un ruisseau de prairie.
L'étude d'un relief est une opération très-intéressante et très-délicate; car elle doit imprimer aux mouvements du sol unecertaine grâce, former ou corriger la direction des vallées et des plateaux, c'est-à-dire arrêter l'assiette du paysage. C'estl'opération fondamentale dont tout le reste dépend. Il faut avoir soin, en fixant le niveau des parties basses, de ménager desissues pour l'écoulement, au dehors, des eaux des rivières, des pièces d'eau, et même des eaux de pluie, quand lesous-sol est peu perméable et n'absorbe pas suffisamment les eaux accumulées dans les bas-fonds. Dans un terrain accidenté,on se contente de régulariser les pentes, de leur donner des courbes agréables à l'œil, de combler les vides, d'effacer lesbosses, d'enlever au sol son apparence rude et inculte. Mais, dans une plaine, il faut tout obtenir artificiellement. Dans ce cas,la hauteur des points élevés doit être déterminée par la quantité de terre disponible, provenant des déblais. Ces surélévations,très-modérées, sont rattachées aux points bas par des profils très-doux. 11 est bien de ménager à l'habitation une assiseassez élevée, afin qu'elle domine, autant que possible, le sol environnant, tant à cause de la salubrité que pour avoir de cepoint une vue plus complète de l'ensemble. On doit aussi tâcher de créer un ou deux plateaux d'où l'on puisse embrassernon-seulement l'intérieur du jardin, mais des vues extérieures.
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III 1 |______ I
100 métros.
Fig. 97*. — Jardin anglais à Munich, dessiné par Louis Skell.
A. Jardin zoologique.
Iî. Tour chinoise.
U. Tivoli.
E. Bains de Diane.
F. Monument de Rumford.
Toutes les études, qu'il s'agisse d'un relief artificiel ou de modifications à apporter au sol naturel, doivent être faitestrès-complètement avant de commencer aucun travail de terrassement; et cela au moyen d'un plan bien dessiné, bien coté etombré (Fig. 9h*). Il faut ensuite placer sur le terrain des jalons dans les directions principales, et chercher à se rendre compte deseffets à réaliser. On ne saurait trop multiplier ces épreuves préparatoires, et l'on doit les compléter par des esquisses bienfaites, dessinées sur l'emplacement même, et sur lesquelles on portera les corrections arrêtées dans le projet, ainsi que la silhouettedes plantations. Les lignes droites, tracées suivant les axes de vision, doivent être indiquées aussi sur le sol, au moyen dejalons joignant les stations principales au centre des tableaux à créer. Il faut, d'après ces esquisses, modifier les contoursdes vallées et des coteaux naturels, afin qu'aucun obstacle ne vienne rétrécir l'horizon et gêner la vue. Ces lignes, une foisétablies, servent aussi à distribuer les plantations. Les vues doivent être assez multipliées dans toutes les directions. Tantôtelles suivent le mouvement des vallées, tantôt elles sont dirigées vers des points au dehors, tantôt elles rattachent l'une àl'autre des stations secondaires. C'est l'ampleur ou la composition gracieuse de ces tableaux qui fait le charme des jardinsmodernes. La beauté de la scène ne résulte pas seulement de l'étendue que l'œil peut embrasser, mais bien plutôt del'agréable disposition des objets réunis, même dans un cadre rétréci. Les cours d'eau sont dirigés dans les parties basses,en évitant les pentes trop fortes ou trop brusques, qui obligent à faire des barrages trop rapprochés. Un lit trop en penteviderait les ruisseaux, surtout ceux qui sont artificiels, que n'alimente pas une masse d'eau bien considérable. Il vautmieux, si la pente du sol est trop déclive, diriger le parcours de l'eau vers un endroit où l'on puisse former une chute rachetantune grande différence de niveau, ou encore former des cascatelles, des rapides, c'est-à-dire une succession de petiteschutes au milieu des rochers.
Enfin, dans les parties les plus abaissées du sol, on établit les pièces d'eau, en ayant soin d'élargir le vallon qui leursert de bassin.
Ainsi l'étude du relief d'un projet de jardin agreste doit comprendre : 1° la forme et la direction des vallées; 2° l'empla-cement des plateaux, leur silhouette, les positions des exèdres et des stations de promenade; 3° le tracé des sources, desrivières, des rapides ou cascades ; h" le dessin des bassins, pièces d'eau, etc. ; 5° la direction des percées ou perspectives.
Après l'étude du sol vient naturellement celle des plantations.
Les lignes de vision ayant été établies dans toutes les directions choisies, il faut éviter de planter trop près de ceslignes, et de créer, dans leur voisinage, des masses de verdure trop compactes, qui resserreraient ou obstrueraient les perspectives.