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Texte (1867)
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INTRODUCTION.

bleue, quand on leur permettait de fleurir. On cherchait le plaisir dans la vue de ces dessins compliqués, qui demandaientbeaucoup de patience et de temps pour les établir; et une surveillance et des soins constants pour leur entretien.

Eu dehors des parterres, non-seulement on disposait les arbres en voûtes régulières, au-dessus des allées (Fig. 53*.), maison en était venu jusqu'à tailler, dans la verdure, des ordres d'architecture, des colonnes surmontées d'entablement et de vases, desarcs avec archivoltes et impostes, des balustrades, des statues (Fig. 39*, 40*.); toutes sortes de niaiseries coûteuses et d'uneffet désagréable. La nature, en tout contrariée, était traitée comme étrangère, elle eût régner en souveraine.

On conçoit, cependant, que ces compositions devaient, pour des esprits peu cultivés, représenter l'art, par opposition à lanature agreste du dehors. Ce que l'on estimait, c'était le travail dépensé, l'effort évident. C'est à ce sentiment qu'il fautattribuer les exagérations de cette époque.

Fig. /il*. Parterre en Gazon à l'Anglaise.

Fig. l&* et 43*. Parterre.

Mais il y avait un meilleur parti à tirer des tracés réguliers et symétriques. Aux créations étriquées que nous venonsde décrire, des artistes véritables substituèrent des jardins d'un dessin grandiose, en partie conformes à ceux des villasd'Italie (Fig. 53*, 55*, 58*, 59*.). C'était la même recherche de l'effet décoratif, la môme ampleur de composition, mais avec plusde correction dans la distribution de l'ensemble. Ils cherchèrent à tirer un bon parti de la nature des lieux, des accidents

Fig. 44*.

Boulingrin avec Broderie.

Fig. 45*. Boulingrin avec Pièce d'Eau.

du sol; et quand la localité ne possédait pas ces accidents naturels, qui motivent l'agencement d'un plan, ils firent en sorted'obtenir des reliefs artificiels, afin de mouvementer l'ensemble, et d'en tirer des effets plus variés. Enfin, ils n'isolèrentplus les jardins, en négligeant les vues du dehors, à la manière orientale; mais ils les rattachèrent, au contraire, à la natureenvironnante, en ouvrant de larges éclaircies en avant des terrasses, d' l'œil pouvait embrasser des vues étendues jusqu'àl'horizon (Fig. 37*, 38*, 52*, 79*.). En combinant les masses de verdure et les mouvements du sol, ils obtinrent des ensemblesimposants, des silhouettes pittoresques bien coordonnées, variées dans leurs lignes; toutes dispositions absolument étrangèresaux compositions froides et fragmentées de leurs prédécesseurs.

Sans doute ces paysages furent distribués suivant des règles mathématiques, en harmonie avec l'architecture de l'époque.On se servit de la végétation en altérant la franchise de ses allures, en lui donnant des aspects souvent peu naturels; maisles plantations furent distribuées sur un plan largement conçu. On eut surtout en vue l'exécution d'un vaste et harmonieuxdécor, qui fit ressortir avec éclat une architecture entièrement décorative. La largeur de la conception effaçait la raideurde quelques détails, et les justifiait quelquefois. Il y avait accord parfait entre l'édifice et le jardin qui l'entourait; del'effet puissant de ces compositions.

Dans les jardins créés par Le Nôtre et ses émules, l'on retrouve l'inspiration des artistes italiens de la Renaissance,